Identité-racine

L’identité, selon Edouard Glissant, est le résultat d’un processus d’individuation et de reconnaissance du soi assumé, un sujet construit en négociation entre ce que la personne souhaite être et ce que le collectif voit en elle.

Dans une organisation en Archipel, une identité-racine est l’expression d’une île, elle est donc aussi une culture partagée qui peut caractériser un groupe, un territoire, une organisation… 

Selon Edouard Glissant lui-même (avec toute la beauté de sa langue) (L’identité-racine) :

– est liée, non pas à une création du monde, mais au vécu conscient et contradictoire des contacts de culture ;

– est lointainement fondée dans une vision, un mythe, de la création du monde ;

– est sanctifiée par la violence cachée d’une filiation qui découle avec rigueur de cet épisode fondateur ;

– est ratifiée par la prétention à la légitimité, qui permet à une communauté de proclamer son droit à la possession d’une terre, laquelle devient ainsi, territoire ;

– est préservée, par la projection sur d’autres territoires qu’il devient légitime de conquérir – et par le projet d’un savoir.

L’identité-racine a donc ensouché la pensée de soi et du territoire, mobilisé la pensée de l’autre et du voyage.