Du point de vue étymologique, le mot vient de l’italien arcipelago, issu du grec ancien Αἰγαίων πέλαγος, Aigaíôn pélagos signifiant « mer Égée ». Cette mer, capitale pour l’organisation du monde de la Grèce antique, était si remarquablement parsemée d’îles que son nom est devenu le nom commun “archipel”, porteur du sens géographique qu’on lui connaît aujourd’hui. Sans Egée, si Pelagos représente l’Océan, retenons l’invitation à voir l’Archipel d’abord comme une grande étendue de Mer, un même Océan dans lequel baignent toutes les îles.

L’archipel, comme mer parsemée d’îles, est en haute mer, qui, à première vue, semble isoler chacune de ses composantes.

Mais à travers cette image, nous pouvons lire, plus qu’un clin d’oeil, un appel à la prise de conscience de l’importance de l’eau dans notre vie. Nos organismes sont constitués d’eau à plus de 80%, tandis que 70% de la surface de la terre est occupée par les mers et océans. Plus qu’essentiel, ce bien communUn bien commun est une ressource dont l’accès peut être équitablement partagé entre les membres d’une communauté qui ont tous un intérêt commun à son existence et à son usage.Glossairebien commun est donc vital.

Le mot “continent” impose une connotation de « masse » et un besoin de centre, et lorsqu’on le cartographie, il donne aux territoires périphériques un statut secondaire. Il fait référence à des croyances, des usages, soulève divers sentiments d’appartenance. Il différencie un intérieur d’un extérieur à lui-même.

Il y a les continents et il y a les îles, qui, lorsqu’elles sont multiples et s’étendent sur de vastes espaces, deviennent des archipels, et non des continents. La représentation continentale du monde marginalise les non-continentaux.
Dans cette unification, on oublie la mer, les océans, comme si l’eau n’avait pas de mémoire, ni de culture. Pourtant admettre l’importance géographique et culturelle des mers mène à penser nos frontières autrement :
L’océan est un lieu, un passage, une transition, qui suggère une vision : il mène à la rencontre et prépare à l’inattendu.

Le mode continental aspire à fixer nos identités racine, le mode archipélique à développer nos identités relation.

La vision archipélique aborde la diversité de nos monde, et les invite à la rencontre, à la « créolisationLa “créolisation” exprime le fait que l'identité de chaque individu ou organisation n’est pas inexorablement propre et inébranlable : chacune de nos rencontres nous détermine sans que nous puissions en imaginer à l’avance les conséquences.Glossaire».

Devant la désillusion assez générale provoquée par l’état de notre monde, pourquoi ne pas prêter une oreille attentive à cette proposition de changement de point de vue, afin de sortir du cadre ?

Nous avons jusqu’à présent privilégié une inscription continentale qui favorise la notion de dur, de terre, de repli derrière des frontières. Nous proposons maintenant de penser à partir de représentations plus fluides, celles des archipels, baignés par l’eau ce liquide merveilleux, aux propriétés encore mal connues. Envisageons-nous, avec l’ensemble de nos organisations, comme des îles voisines et proches de leurs sœurs mais irréductibles dans leurs singularités et leur irremplaçabilité !Ce faisant, on peut sentir sur un plan symbolique – et peut-être spirituel – que le changement de point de vue qui nous fait placer au coeur de l’élément liquide désigné par presque toutes les traditions comme source de vie, moyen de purification et de régénération, nous emmène vers la conception d’une relation aux autres différente.
Notre monde a soif de sens :
« Une civilisation technicienne et industrielle, par les manques et les pollutions qu’elle suscite, peut aviver le besoin, l’angoisse et l’appétit de signes qui parlent »
(dictionnaire des symboles par Chevalier et Gheerbrant p.382).


Compte-rendus du travail du Mardi 14 février 2017 après-midi

Nous vivons là une de ces périodes incertaines de l’Histoire que nous ne voulons pas regarder demain avec une immense colère et d’infinis regrets en disant : C’était encore possible et nous n’avons rien fait ? Réagissons, résistons et créons. Face aux régressions sociale, écologique et démocratique, l’inaction et le laisser-faire ne sont plus une option. Conscientes de ces périls et inspirées par de multiples appels*, 50 organisations de la société civile se sont rassemblées à Villarceaux les 13 et 14 février 2017. Ensemble, dépassant le risque de la dispersion au terme d’un processus participatif, elles ont élaboré 25 mesures qui s’inscrivent avec résolution dans les enjeux du long terme. Ces actions prioritaires permettront, par un renouveau démocratique, l’avènement d’une société moins inégalitaire, plus solidaire et plus conviviale.

« Le pire n’est pas exclu, mais le meilleur reste possible », nous rappelle Edgar Morin.
Construisons ensemble des jours heureux.

Dès 2017.

  • *L’Appel des Résistants aux jeunes générations lancé en 2004, le livre et les propositions du mouvement # LesJoursHeureux, le Manifeste des Convivialistes, l’appel d’Edgar Morin Changeons de Voie – Changeons de Vie, On continue ! d’Emmaüs, Le Chant des Colibris – L’appel du monde de demain du mouvement Colibris, Stop pauvreté d’ATD Quart Monde, l’appel de 15 mouvements sociaux intitulé Nos droits contre leurs privilèges, etc.

25 MESURES PRIORITAIRES VERS UNE TRANSITION ECOLOGIQUE, SOCIALE ET DEMOCRATIQUE

DEMOCRATIE et GOUVERNANCE

  1. Démocratie au niveau national
    Une nouvelle Constitution pour la France sera rédigée selon un processus de type « conférence de citoyens », puis soumise à référendum.
  2. Démocratie au niveau local
    Renforcer le droit d’interpellation des citoyens par la création d’un fonds pour une démocratie d’initiative citoyenne doté d’au moins 5 % du montant total de l’argent public actuellement consacré chaque année au fonctionnement de la démocratie représentative.
  3. Démocratie au niveau européen
    La France proposera l’élaboration participative d’un nouveau traité constitutionnel européen au service d’une Europe promouvant une société juste et soutenable.
  4. Echanges internationaux
    La France retirera immédiatement à l’Union européenne son mandat l’autorisant à négocier les traités dits de libre-échange (TAFTA, CETA, APE, etc.), et elle refusera de signer des accords qui ne seraient pas fondés sur les principes d’un commerce équitable et du mieux-disant social et environnemental.
  5. Gouvernance des banques
    Une gouvernance démocratique des banques sera instaurée afin de lutter contre la spéculation, la fraude et l’évasion fiscales, et pour reprendre le contrôle de la dette.

SOLIDARITE et PARTAGE

  1. Lutte contre la pauvreté
    Une allocation inconditionnelle d’autonomie, d’un montant au moins égal à celui du RSA socle, sera versée à chaque jeune de 18 à 25 ans, et une réforme en profondeur de la politique des minima sociaux sera engagée pour aboutir à la mise en œuvre d’un revenu minimal garanti.
  2. Droit au logement
    Une loi d’urgence pour le droit de chaque personne à un logement sain et décent instaurera l’arrêt des expulsions sans relogement, le respect du droit au logement opposable, le plafonnement des loyers, la lutte contre la spéculation foncière et la possibilité de réquisitionner des logements vacants.
  3. Réduction des inégalités de revenus
    Dans les entreprises, aucune rémunération globale ne pourra être supérieure à 20 fois la rémunération la plus basse.
  4. Partage du travail
    Une loi permettra à toute entreprise volontaire d’embaucher sans surcoût, en réduisant le temps de travail par salarié.e, et une généralisation négociée de la mesure sera proposée par référendum national.
  5. Migrations
    Les conventions internationales de protection des migrant.e.s et d’accueil des réfugié.e.s, y compris des déplacé.e.s climatiques, seront respectées et renforcées.

RESSOURCES et MODES DE VIE

  1. Ressources naturelles et communs
    Une grande loi foncière enrayera l’accaparement et l’artificialisation des terres ainsi que la privatisation de la gestion de l’eau.
  2. Alimentation, agriculture et pêche
    La France proposera une réforme de la Politique agricole commune (PAC) favorisant le développement de l’agroécologie paysanne et le droit des peuples à se nourrir eux-mêmes.
  3. Santé et Sécurité sociale
    Le financement de la Sécurité sociale sera élargi aux revenus du capital et du patrimoine, ainsi qu’à la totalité de la valeur ajoutée des entreprises, en modulant selon leur responsabilité sociale et environnementale.
  4. Transition écologique et énergétique
    La France sortira totalement des énergies fossiles et du nucléaire avant 2050 par des actions de sobriété dans nos modes de vie, d’efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables (scénario négaWatt).
  5. Nouveaux indicateurs de richesse
    Au niveau national et local, des indicateurs sociétaux et environnementaux seront choisis selon des processus participatifs pour décider et évaluer toute politique ou tout projet d’aménagement du territoire et d’urbanisme, dans le prolongement de la loi sur les nouveaux indicateurs de richesse.

CULTURE et EDUCATION

  1. Culture
    La culture, dans sa diversité, sera reconnue comme quatrième pilier du développement durable, et 2 % du budget de l’Etat lui seront consacrés.
  2. Egalité femme-homme
    Dès l’école maternelle, l’éducation à l’égalité femme-homme sera partie intégrante des programmes scolaires, et chaque professionnel.le intervenant dans le champ éducatif recevra à cette fin une formation à l’égalité filles-garçons et à la déconstruction des stéréotypes.
  3. Education
    Un plan de refonte du système éducatif, mis en place dès la maternelle, sera basé sur les pédagogies fondées sur la coopération, l’autonomie et la bienveillance, intégrant une éducation à la vie et à la citoyenneté, et les effectifs des classes seront réduits.
  4. Recherche
    La recherche publique recevra les moyens nécessaires pour servir l’intérêt général, les priorités étant définies sous le contrôle de comités d’éthique incluant une participation effective des citoyen.ne.s.
  5. Médias
    La transparence, l’indépendance et la liberté d’informer des journalistes sera assurée, leur protection et celle de leurs sources et des lanceurs d’alerte sera garantie et le développement de médias citoyens encouragé par une fiscalité spécifique.

JUSTICE et SECURITE

  1. Lutte contre les discriminations
    La lutte contre toutes formes de discrimination sera renforcée : extension des actions de groupe aux discriminations comparables (pas seulement similaires), délais de prescriptions portés à cinq ans et majoration des peines et amendes.
  2. Justice pénale
    La politique du « tout-prison » sera remplacée par une justice de proximité « restauratrice » : amélioration des conditions de détention et réhabilitation favorisée par un parcours carcéral adapté à la gravité du délit ou du crime.
  3. Lutte contre la corruption
    Les biens acquis par la criminalité organisée, la corruption, les détournements de fonds et les abus de biens sociaux seront confisqués pour les transformer en biens publics mutualisés, en s’inspirant d’initiatives italiennes.
  4. Pénalisation de l’écocide
    La France instaurera le crime d’écocide dans son code pénal et défendra la création d’un tribunal international des Droits de la Nature, qui statuera sur toutes les violations environnementales : changements climatiques, organismes génétiquement modifiés (OGM), brevetage du vivant, surexploitation industrielle de la nature (extractivisme), nanotechnologies, etc.
  5. Désarmement nucléaire
    La France participera à l’Organisation des Nations unies (ONU) aux travaux de rédaction du traité d’interdiction des armements nucléaires dont le principe a été adopté le 23 décembre 2016 à l’Assemblée générale de l’ONU.

Un archipel se compose d’îles ayant elles-mêmes des choses en commun. On pourrait dès lors imaginer que l’archipel lui-même soit un commun, au sens du droit, mais rien ne l’impose.
Par contre, dès lors que se crée un projet, une pirogue, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’archipel, avec d’autres îles ou d’autres archipels, alors se constitue un commun, dans le sens où l’on y trouvera :

  • un bien commun, matériel ou immatériel, soit le projet ou son objet.
  • une communauté d’usage, formée de représentants des îles embarquées.
  • une gouvernance, établie et assurée par les passagers de la pirogue, qui assureront ainsi la pérennité du projet, et fixeront les exigences communes et le niveau d’engagement requis.

Un archipel n’est donc pas un commun, mais permet d’en créer, en son sein ou avec d’autres membres de l’archipel global.

Ce type d’organisation est adaptée à des entités (des îles) de formes, d’objectifs et de statuts juridiques très divers : associations et ONG, partis politiques, entités économiques, etc.L’essentiel est, comme la nature nous en donne de remarquables exemples, que cette diversité induit coopération, associativité et symbiose, toutes formes alternatives à la prédominance de la concurrence.

Rappelons d’abord que l’archipel est basé sur le “bien-vivre” et sur la constante attention aux liens entre les trois transformations TP-TC-TS. Mais ces valeurs vont “s’incarner” dans les actions menées au sein de l’archipel, si on les garde bien en tête et en coeur, si on les porte comme “un regard derrière le regard”.

Lancer une pirogue à plusieurs pour creuser un sujet, en rechercher toutes les facettes, y compris les moins consensuelles, construire les désaccords, dégager un point de vue commun par consentement, dégager ainsi une orientation pour le temps présent (modifiable si les circonstances le demandent), voilà toute une série d’actions qui demande de s’appuyer sur les valeurs du bien-vivre en même temps qu’elle les nourrit et les actualise aux trois niveaux de transformation. De plus, cette identité-relation, ainsi amplifiée pour une ou plusieurs îles peut accroître la transmission des mêmes valeurs vers celles-ci et faire ainsi, en retour, évoluer leur identité-racine.

Ni l’un, ni l’autre ! Elle vise au contraire à rompre avec les empilements de strates de gouvernance afin d’éviter une double illusion :

  • l’illusion de la descente de haut en bas des décisions prises par un “sommet”, fusse-t-il composés de personnes démocratiquement élues.
  • l’illusion réciproque de la remontée du bas vers le haut des décisions “issues de la base”.

Ces deux conceptions, descendante et ascendante, ne sont plus adaptées à la complexité et aux enjeux de notre siècle.

Une organisation en archipel est plutôt analogue à une organisation rhizomique, où tout élément peut influencer un élément de sa structure, peu importe sa position ou le moment, et ce de manière réciproque.

Le centre doit être vide de “désir de captation de pouvoir” exercé par un de ses membres sur les autres. Mais, comme dans le cas du vide de la physique quantique, le centre est plein d’informations et d’énergie :

  • les informations élaborées par les uns, partagées et mises en mémoire le mieux possible par tous.
  • l’énergie mise en oeuvre par les tisserands et les compagnons de l’archipel, en particulier, les membres du voilier-atelier qui assurent sa continuité dans le temps.


Si on se réfère à la théorie du rhizome, non en tant que doctrine, mais en tant que représentation d’une dynamique inspirante, notons que, coupant court à toute idée de hiérarchie, le rhizome n’a pas de centre.  En extrapolant à la métaphore de l’Archipel, nous pouvons imaginer un centre vide, qui, comme le panier vide au départ de toute aventure, se remplira au fur et à mesure des expérimentations et apports en connaissance faits ensemble.Comme le constate Patrick Viveret, “un centre est vide de pouvoir sur, mais rempli du pouvoir créatif de …” , il est un panier vide, qui, comme une page blanche, peut faire peur ou simplement éveiller.

De toutes parts et depuis plusieurs années, une plainte s’exprimait dans le milieu des alternatifs ; nos expérimentations sont innombrables, beaucoup sont viables, voire exemplaires, mais nous n’arrivons pas à nous relier autrement que dans des mobilisations passagères, voire des actions communes limitées. Il nous faut trouver des modes nouveaux d’articulation entre nous, sur des valeurs communes ou proches, donnant à nos actions une synergie et une visibilité plus forte, capables de faire bouger le système médiatique et politique dominant, tout en nous permettant de développer des  réalisations. Une articulation peu énergivore, apprenante et stimulante. 

Les dangers environnementaux, sociaux, économiques, identitaires de notre temps accentuant les besoins de changement à tous niveaux, et le développement de notre capacité de résilience et d’invention du monde de demain, l’émergence d’un “outil conceptuel” issu de l’oeuvre d’un grand poète venait à point nommé.

Penser notre société, du local au global, où des “îles” en recherche de reconnaissance mutuelle se relieraient pour construire un avenir respirable était le bon chemin. 

Il restait à l’emprunter…

1 : Pour reprendre Victor Hugo : “Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c’est une idée dont l’heure est venue.”

En 2016 se sont croisées deux dynamiques citoyennes.
Une association « # LesJoursHeureux » s’était donné une mission éditoriale ambitieuse : demander à une centaine d’auteurs d’écrire avec une grande liberté leur proposition en vue de l’élection présidentielle de 2017. Il en a résulté un petit livre recensant 120 actions : « Et nous vivrons des jours heureux » 100 auteurs, 120 actions pour résister et créer Eds Actes Sud .
L’idée était bien de reprendre l’idée d’un CNR pour notre temps, certes très différent de celui de 1944, mais porteur d’enjeux très lourds. La personne référente de ce travail fut Thierry Salomon, appuyé par une belle équipes de jeunes engagés pour la plupart dans des actions de politiques de santé.

Une dynamique de mise en commun des énergies citoyennes courrait depuis octobre 2013. D’abord intitulée « Etats généraux du Pouvoir citoyen », puis « Pouvoir citoyen en marche« , la volonté était celle qui bien de consolider les liens entre associations et mouvements citoyens. Avec une image symbolique choisie à l’époque, celle d’une mosaïque d’organisations et surtout avec deux perspectives très fortes qui vont aller en se précisant :
a) n’attendons pas que le futur arrive, pratiquons dès maintenant entre nous les chemins de la transition économique, sociale, et écologique;
b) il n’y aura pas de changement de société significatif si on ne s’interroge pas sur la transformation personnelle des individus et des collectifs, autrement dit un appel à expérimenter le « bien vivre en acte » dans toutes ses dimensions.

La personne référente était Patrick Viveret, par ailleurs un des auteurs du livre des jours heureux.
Un événement très symbolique eut lieu à Montpellier en Février 2017 : la projection du film de Gilles Perret « Les jours heureux » suivi d’un débat avec Thierry Salomon et Patrick Viveret.

Quand l’utopie des Résistants devint réalité…
Entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France. Ils vont rédiger le programme du Conseil National de la Résistance intitulé magnifiquement : « Les jours heureux ».



Reprenons quelques données sur chacune de ces deux dynamiques dont le croisement va donner lieu tout d’abord à la préparation de la campagne présidentielle puis à l’année 2018 d’expérimentation, à travers plusieurs rencontres importantes, à Die, puis à la ferme de Villarceaux.

CH, 23/02/2021
Photo : Ministerio de Educación > Educación para la Democracia y el Buen Vivir

Quel fût notre besoin d’utiliser cette notion ? Comment s’est-elle imposée ?

Buen vivir a un double avantage par rapport à Bien vivre :
Adéquate à notre image ultra-marine d’archipel, elle exhibe son origine amérindienne dont la richesse nous apparaîtra au long de notre parcours. Alors que Bien vivre a pris un sens polysémique renvoyant le plus souvent à une vie facile et bien dotée (Vivre en paix, heureux, serein, à l’aise), nous cherchions plutôt du côté de l’idée de Vivre de manière droite, comme chez Spinoza ou chez Descartes. Ou de  la vie bonne d’Aristote. (Voir ces signification dans le « dictionnaire de la philosophie ») .

Les amérindiens nous fournissent des exemples inspirants pour nous, femmes et hommes en transition/métamorphose. Ils nous reconnectent en premier lieu avec la Terre, ce que nous avons oublié depuis trop longtemps.


Les deux premiers principes – il y en a six – de la Déclaration des peuples premiers du FSM de Bélem – 2009 – désignent très clairement deux enjeux forts de notre temps :

Nourrir la Terre-Mère et se laisser nourrir par elle ;
Protéger l’eau comme un droit humain fondamental et s’opposer à sa marchandisation. 

Le choix de « nourrir » la Terre avant de se laisser nourrir est un signal fort. Il s’agit d’en prendre soin, de la respecter vivante, loin de tout épuisement productif.


Les trois suivants nous parlent aussi , ils adressent ce que nous appelons aujourd’hui un « changement de rapport au pouvoir » :

Décoloniser le pouvoir par le principe de « commander en obéissant », développer l’autogestion communautaire, l’auto-détermination, l’unité dans la diversité comme autres formes de l’autorité collective ;
Promouvoir l’unité, la dualité, la complémentarité et l’égalité entre les sexes, la spiritualité de la vie quotidienne et la diversité ;
Se libérer de toute domination ou discrimination raciste, ethnique ou sexiste.


Les trois derniers visent des changements économiques radicaux, répondant aux de notre enjeux de notre temps : 

Développer les décisions collectives sur la production, les marchés et l’économie ;
Décoloniser la science et la technologie ;
Développer la réciprocité dans la distribution du travail, des produits et des services : voilà des directions pour produire une nouvelle alternative à l’éthique sociale de marché et du profit colonial / capitaliste.



D’autres intellectuels ont présenté des principes philosophico-politiques très proches des précédents. C’est le cas de Pablo Solon. D’autres, enfin, des règles qu’on peut appeler « de bonne vie ». On aurait tort de qualifier ces règles de naïves, car elles dessinent ce que signifie « vivre à la bonne heure ».

Avant d’être élu Vice-Président de la Bolivie en novembre 2020, David Choquehuanca était connu comme  intellectuel, fin connaisseur de la culture amérindienne de son pays. Son discours d’investiture est remarquable par l’appel aux racines culturelles de son pays. En bon politique, dans un moment politique refondateur (à un moment où la Bolivie sortait d’une crise), il faisait appel à la force des références à la nature (la Pachamama), aux animaux et aux plantes symboliques de son pays et aux ancêtres qui soudent puissamment une bonne partie de son peuple.
Pablo Solon dans un article de la revue Projet de 2018, décrit de son côté la philosophie du Buen vivir comme une recherche de l’équilibre. C’est une vision infiniment moins mobilisatrice que les précédentes :

La communauté est essentielle pour le buen vivir, mais elle inclut à la fois l’humain et le non humain, le matériel et le spirituel. Cette dualité est partout présente. La tension individu-communauté s’inscrit dans la tension humanité-nature. Dans ce contexte, le bien à l’état pur n’existe pas. Le bon et le mauvais coexistent, en tension permanente. Bien vivre, c’est apprendre à vivre avec ces dualités multiples. Non pas prétendre annuler ces contradictions, mais vivre avec elles, éviter que les inégalités et les conflits s’aggravent et se polarisent au point de déstabiliser « le tout ».

En fait, il ne s’agit nullement pour nous d’imiter les amérindiens.
Il s’agit d’accepter de les écouter et de s’inspirer de ce qui est le meilleur chez eux. La brutale colonisation européenne, espagnole et portugaise pour ce qui les concerne, les a marginalisés (sauf en Equateur et en Bolivie). Durant les quatre derniers siècles, nous avons développé en Europe un processus d’individuation/émancipation basé sur les Lumières, auquel nous tenons à juste titre, recouvert largement aujourd’hui par un individualisme excité par le marché. Dès lors, le dialogue avec eux sur le poids du collectif peut être fécond. Nous ne voyons pas que la force du groupe leur a permis, dans les conditions précolombiennes et actuellement encore pour ceux qui vivent dans la forêt, d’assurer leur subsistance en lien direct avec la Nature.
Choquehuanca nous le dit : Ayllu, – la communauté de base -, n’est pas uniquement l’organisation sociétale des être humains, ayllu est un système d’organisation de la vie, de tous les êtres vivants, de tout ce qui existe, de tout ce qui s’écoule, en équilibre avec notre planète ou notre mère, la terre.

Nous devons percevoir que les conditions climatiques dans notre futur vont nous réveiller de notre somnolence sur ce point.

Nous nous interrogeons aussi sur la situation des femmes dans les sociétés amérindiennes. Les mieux informé-es d’entre nous savent qu’il n’y a pas qu’en Occident que le puissant mouvement d’équilibrage entre hommes et femmes est en route. Souvent dans une grande discrétion, au sud du  Mexique, en particulier, on sait que le mouvement zapatiste, né au milieu des années 90 a été remarquable par l’engagement des femmes en son sein. La venue d’une forte délégation de femmes zapatistes en Europe en été 2021 serait peut-être une occasion d’un échange fructueux

Nous nous sommes nourris de ces réalités et de ces questions durant notre cheminement 2016/2021.

Nous avons également voulu expérimenter le « Bien vivre en acte », dans deux moments de transmission, mais aussi dans deux moments d’expérimentation en petit groupe.

Particulièrement  en mai 2018 au Premier Forum International – en Europe – pour le Bien Vivre (Grenoble – 6-7-8 juin 2018), organisé par CCFD Terre Solidaire. Les organisateurs visaient trois objectifs :
1) Repenser nos modèles de société;
2) passer des indicateurs à l’action; 3) définir collectivement ce qui compte.
Les traces de ce Forum sont sur https://bienvivre2018.org/. En particulier, une agence de presse internationale a recueilli six conceptions du Bien Vivre, dont celle de Patrick Viveret.

Un autre moment fort fut l’Université d’été à l’initiative du CRID et d’ATTAC qui s’est déroulé du 22-26 août 2018 à Grenoble dans lequel nous avons animé plusieurs ateliers sur le Bien-vivre en acte (un post)

Les deux moments d’expérimentation du Bien vivre en acte ont eu pour but de pratiquer et d’approfondir en petit groupe des outils du Bien Vivre. Avec des ateliers de confronter en profondeur nos différentes manières de vivre des thèmes difficiles, comme par exemple notre rapport au pouvoir, à l’argent, mais aussi au corps, à la prise de parole. (un post sur ces deux expériences). Nous désignons ces moments par le terme de « Nanoub » – Nous Allons Nous Faire du Bien. En parallèle (lien avec un autre texte) on commençait à décrire ce que pourrait être un autre pays, naissant à l’intérieur de notre société, comme les cellules imaginales de la chenille devenant papillon, le « pays de la Nanoubie ». Cette orientation, en lien avec l’idée – largement considérée comme essentielle dans le monde de la transition/métamorphose – d’un Récit positif du monde de demain n’a pas encore abouti. Elle attend un rassemblement de forces dont on souhaiterait voir le jour avec des artistes de toutes disciplines qui pourraient lui donner l’ampleur nécessaire.


Petite bibliographie/ sitographie sur le Buen Vivir :

David Choquehuanca (2010), « Bolivie : 25 postulats pour comprendre le concept du “Vivre Bien” » , 2010 (fichier disponible à télécharger)

Jean Ortiz, article sur le Buen vivir , 2013. Jean Ortiz est maître de conférences et syndicaliste français, spécialiste des littératures des Amériques et des littératures de langue espagnole.

Émile Carme, article de 2010 sur le travail d’un économiste équatorien, Alberto Acosta

Alberta Acosta et Marion Barailles, « Le Buen Vivir: Pour imaginer d’autres mondes (Amérique latine) », Editions Utopia, 2018

Pablo Solon, in la Revue Projet, « Comment mesurer le Bien vivre », février 2018.

Expérimentation Archipel Citoyen Osons Les Jours Heureux
Texte fondateur – Villarceaux – 30.11.2017

CHARTE

Notre raison d’être

« Pour bâtir ensemble et vivre dès maintenant des jours heureux, relions les acteurs de la transition écologique, sociale et démocratique. Faisons de la diversité et du foisonnement des initiatives une force citoyenne capable de résister au désordre établi, de bousculer et de dépasser un système destructeur grâce à nos propositions et nos actions. »

Contexte

Nous vivons l’une de ces périodes incertaines de l’Histoire, que nous ne voulons pas regarder demain avec une immense colère et d’infinis regrets en disant : c’était encore possible et nous n’avons rien fait ! Insoutenabilité environnementale, montée des inégalités (territoriales, sociales et économiques), stigmatisations et discriminations, crise du vivre ensemble… nous assistons un peu partout dans le monde à une progression inquiétante de replis identitaires et de logiques autoritaires, qui conduisent à une grande régression sociale, écologique et culturelle. Résister à cette dérive demande de concentrer toutes nos forces vives et nos intelligences dans la mise en œuvre de la Grande Transition.
En ce début du XXIe siècle, un effondrement de notre civilisation thermo-industrielle à courte échéance est dans le domaine du possible : autodestruction par épuisement des ressources, désunion face à la menace climatique, conflits guerriers incontrôlés, etc. Une nouvelle crise financière, encore plus dévastatrice que celle de 2008, peut aussi survenir. Elle serait révélatrice des cinq crises majeures auxquelles nous devons dès à présent faire face : crise économique, crise sociale, crise politique, crise environnementale, mais aussi crise du sens et de la reconnaissance, deux demandes fondamentales chez les êtres humains, auxquelles la compétition et le productivisme marchand ne peuvent répondre.
Ces nouveaux conflits dévastateurs sont provoqués par des inégalités plus criantes que jamais, par l’exclusion sociale et politique de pans entiers de l’humanité et par le développement d’idéologies mortifères, allant de l’idolâtrie financière à la xénophobie et à l’intégrisme religieux. Les gouvernements se montrent trop souvent impuissants ou complices face à ces dysfonctionnements inacceptables, souvent provoqués par l’attrait de la démesure. Cette attitude égoïste entraîne un tout petit nombre vers l’accumulation des biens matériels et des pouvoirs, alors qu’il faudrait valoriser la sobriété des comportements et un partage équitable des ressources.

Cette sobriété entrainera une baisse rapide et significative des émissions de gaz à effet de serre permettant à l’humanité de gagner une vingtaine d’années pour réussir son « chemin de décélération ». L’année 2020 est considérée par les scientifiques comme la date clef d’un possible emballement du dérèglement climatique, si nous n’avons pas entamé d’ici là des changements décisifs.
Face aux régressions sociale, écologique et démocratique, le laisser-faire n’est plus une option. Conscientes des périls, près de cinquante associations ont décidé de coopérer, inspirées par de multiples appels : Appel des Résistants aux jeunes générations lancé en 2004, appel de Serge Portelli lors d’un rassemblement organisé par l’association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui au plateau des Glières en 2010, livre et propositions du mouvement #LesJoursHeureux, Manifeste convivialiste, appel d’Edgar Morin Changeons de Voie – Changeons de Vie, On continue ! d’Emmaüs, Le Chant des Colibris – L’appel du monde de demain du mouvement Colibris, Stop pauvreté d’ATD Quart Monde, appel de quinze mouvements sociaux intitulé Nos droits contre leurs privilèges, etc.
L’effondrement de notre civilisation n’est pas inéluctable. En dehors du jeu politique institué et du discours médiatique dominant, un autre monde se forme et bourgeonne de milliers d’initiatives. Un monde plus démocratique, soucieux du bien commun, des humains et de la nature dont ils font aussi partie. Un monde respectueux des équilibres naturels et de la qualité des liens que les humains tissent entre eux. Un monde conscient du besoin de justice sociale et de responsabilité écologique. Un monde qui veut en finir avec le néolibéralisme et la domination de la finance spéculative et de la corruption. Un monde qui refuse la monopolisation du pouvoir par une toute petite minorité d’ultra-riches ou d’ultra-violents. Un monde qui pose des limites au développement des technosciences (nanotechnologie, biotechnologie, numérique, sciences cognitives et intelligence artificielle, etc.) et qui refuse le transhumanisme.

Ce monde, qui se construit au-delà du Marché et de l’État, est celui de la société civique. Il se tient à l’écart des partis politiques, tout en intervenant dans le champ politique et en créant de l’espoir. Il se concrétise à travers d’innombrables solutions enthousiasmantes, qu’il est urgent de rendre pleinement visibles pour qu’elles suscitent d’autres initiatives innovantes. La multiplication de ces actions permettra, par un renouveau démocratique, l’avènement d’une société plus égalitaire, plus solidaire et plus conviviale. Ce qui manque encore à ce mouvement, qui émerge sur toute la planète, c’est la conscience de l’unité qui fait force.
L’Archipel Citoyen Osons Les Jours Heureux œuvre à ce regroupement décisif pour l’avenir.

Construisons ensemble cet Archipel Citoyen.
Dès maintenant.

Valeurs et principes communs

Pour que le processus d’appropriation citoyenne du politique se mette en marche, il est essentiel que celles et ceux qui sont déjà impliqués dans ce mouvement ou qui souhaitent le rejoindre se rassemblent autour d’un socle de valeurs communes. Ce socle de valeurs est une référence collective à promouvoir ensemble.

Nos valeurs communes

Toutes celles et ceux qui, jour après jour, inventent d’autres mondes, résistent au néolibéralisme et pratiquent « le changement que (nous voulons) voir dans le monde » sont animés par des valeurs communes. Ces valeurs, que nous souhaitons partager le plus largement possible, passent par des mots-clés : partage et équité, responsabilité et coopération, solidarité et dignité, respect et diversité, résistance et expérimentations, lucidité et sobriété, justice et paix, créativité et volonté. Ces valeurs sont portées par des récits, qui permettent de rappeler ce qui nous rassemble et qui est déterminant pour notre avenir. Aujourd’hui plus que jamais, nous faisons nôtre l’héritage du Conseil national de la résistance et appelons à construire des jours heureux. En ce sens, il importe de redonner du sens et du contenu à la devise de la République française : Liberté, Égalité, Fraternité.

Nos quatre grands principes

Les principes que nous partageons s’inspirent notamment de ceux qui sont décrits dans le Manifeste convivialiste.

  • Le principe de légitime individuation, ou encore d’accomplissement personnel, permet à chacun d’affirmer au mieux son individualité singulière, en développant sa puissance d’être et d’agir sans nuire à celle des autres. C’est un principe de liberté.
  • Le principe de commune socialité considère tous les êtres humains comme des êtres sociaux pour qui la plus grande richesse est celle des rapports qu’ils établissent entre eux. C’est un principe d’égalité.
  • Le principe de commune humanité interdit toutes les formes d’exclusion et de stigmatisation fondées sur les différences de couleur de peau, de nationalité, de religion ou de richesse, de sexe ou d’orientation sexuelle. C’est un principe de fraternité.
  • Le principe d’opposition maîtrisée et constructive affirme que l’objectif politique premier est de permettre aux êtres humains de vivre ensemble, de coopérer mais aussi d’être en désaccord, et de se donner sans se sacrifier. C’est un principe que l’on peut qualifier de républicain.

Tous les totalitarismes, les dictatures et les oligarchies, y compris celles de la finance, se sont opposés et s’opposent encore à ces quatre grands principes. Nous considérons qu’un État, un gouvernement ou une institution politique ne sont légitimes que s’ils les respectent.
Nous nous réclamons également d’une démarche qui s’inspire notamment de la Déclaration universelle des droits de l’Homme – adoptée le 10 décembre 1948 par 58 États membres – et nous nous engageons dans les Forums sociaux mondiaux et différents événements de dimension internationale.
Nous voulons contribuer à la construction d’une société qui ne soit pas aliénée à la croissance matérielle. L’émancipation individuelle et collective ne peut et ne doit plus reposer sur la démesure du PIB, de la richesse et du pouvoir, mais sur d’autres sources d’inspiration : engagement au service du bien commun, respect de la dignité de la personne, émancipation des femmes et de tous les êtres humains discriminés, volonté de coopération avec l’Autre, sobriété volontaire, respect de la nature.
La mutation vers une société du bien vivre est au cœur du projet de l’Archipel Citoyen Osons Les Jours Heureux. Cette Grande Transition écologique, sociale et démocratique n’appelle pas de militantisme sacrificiel. C’est au contraire le chemin le plus rapide vers un buen vivir, un bien vivre partagé avec le plus grand nombre, et cette transformation sociale suppose également une transformation personnelle.

Notre reliance

Tisser des liens au sein de la societe-civiqueAlliance des forces de la société civile qui œuvrent pour une Grande Transition écologique, sociale et démocratiqueGlossaire est aujourd’hui impératif. C’est dans ces connexions entre les mouvements issus de la société civile que réside notre principale source d’espoir. Même s’il le désirait sincèrement, aucun gouvernement élu dans le monde ne disposerait aujourd’hui du pouvoir d’appliquer scrupuleusement les valeurs que nous défendons. Il se heurterait à l’oligarchie des détenteurs actuels des pouvoirs politique, administratif et économique. Le changement doit donc être porté par un très fort soulèvement citoyen, à l’échelle mondiale comme au niveau des territoires.
Comme « il est trop tard pour être pessimiste », il est de notre devoir de résister aux dérives d’un système insoutenable et inégalitaire, d’imaginer des sociétés justes et solidaires, et d’expérimenter de nouvelles activités et des pratiques innovantes qui préfigurent le vivre ensemble, le buen vivir et les jours heureux de demain.

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En juin 2017, à partir d’un texte de Patrick et Pascale Rossler (03/05/17), nous écrivions les orientations de la cellule NANOUB qui restent les fondements de ce que nous avons réfléchi et proposé, y compris juqu’à aujourd’hui (Source : Les compte-rendus archivés des réunions du groupe / ANNEE 2017/ 14 juin)

  • Promouvoir les interactions entre transformation personnelle et transformation sociale (TPTS) pour faire advenir une société du buen vivir et des jours heureux (nourrir l’énergie intérieure nécessaire à la transformation sociale) ;
  • Placer l’enjeu du bonheur et du « bien vivre/vivre à la bonne heure » » au centre d’une perspective de transformation sociétale ;
  • Dépasser l’espérance de jours heureux pour en faire l’expérience au sein de l’Archipel Citoyen (R.E.V.E.R.) ; c’eqt l’avancée vers le pays de la Nanoubie, qui n’est autre que la fine couche critique habitable de la Terre à laquelle la pandémie nous a rendu sensibles, enfin.
  • Rénover les rapports humains dans le champ du politique par un comportement bienveillant et respectueux de l’autre;
  • Ne pas se contenter de « proclamer » des valeurs mais développer notre capacité à les « incarner ».

Nous précisions quelques objectifs :
– la reconnexion à soi / à l’être / au corps (= reconnexion à la Terre, avec l’articulation articulation corps/coeur/esprit ;
– la reconnexion à l’ABS : Amour, Bonheur, Sens (aspirations fondamentales des êtres humains);
– la reconnexion à l’autre (éducation, communication. Nous pensions nécessaire de repenser quatre grands rapports structurant notre vie : le rapport au travail et au stress (cf. burn out, souffrance au travail), au pouvoir (cf. maltraitance), au TEMPS (cf. urgence, court termisme), à l’argent.
Tout ceci au niveau individuel et collectif, et dans divers niveaux d’échelle (local/global; micro/macro)

Nous faisions une première sélection d’outils pour nous aider à passer à l’action. Voir les outils performants pour une démarche Nanoub

Rédaction CH en cours (25 février- 8 mars)

La pirogue Récits a une histoire particulière. Reçue avec enthousiasme par les acteurs de la séquence Villarceaux, elle n’a pas rassemblée les énergies minimales pour voguer par elle-même.

A) Nous avons repérés au moins trois envies de récits, toutes nécessaires:
Nous rêvions à un récit unitaire: le description d’un monde qui aurait fait sa métamorphose, sa transition ++; pour donner envie au plus grand nombre et quitter le sentiment d’impuissance et de peur du début 2021, appuyé sur les multiples expérimentations réussies que nous connaissons.
et sans doute deux ou trois hypothèses macro.
Peux-être deux ou rois scénarios alternatifs

B)Nous avons demandé -plusieurs personnes se sont « mises à l’eau » – de s’entrainer à écrire des récits du futur: se placer résolument en 2050 et « décrire » le chemin parcouru depuis aujourd’hui. Exercice salutaire pour celui qui le pratique. Dont la synthèse fût cependant modeste

C)Les efforts de récits que nous visons n’ont pas de sens si nous ne précisons pas, au delà des contenus, les cibles auxquelles nous voulons nous adresser, les formes sous lesquelles le faire et… les moyens

D)Des forces dispersées en France existent. Il faudrait les rassembler

  • = l’Institut des futurs souhaitables
  • = U+ L’Université de la Fing
  • = Le cinéma Documentaire (dont le futur film de Cyril Dion, « Animal »)
  • = un formidable conférencier, en solo, notre ami Arthur Keller

L’espoir est que ces forces puissent déboucher sur un travail commun. L’avenir le dira.

Agora : « Vous avez dit Archipel »

Agora : « Vous avez dit Archipel »
Le 7 février à la Halle Civique – Paris 20
Ordre du jour :
Présentation de la rencontre
Une vision en archipel : conclusions du groupe de préparation.
Partageons nos expériences : Comment collabore-t-on en archipel, les forces, les limites.
Travaillons en petits groupes sur les thématiques suivantes

  1. en quoi les modalités d’un archipel (politique ou société civique) sont-elles
    capables de changer la donne ? / en quoi le fonctionnement en archipel
    favorise-t’il la convergence (à partir de cas concrets)
  2. les conditions que les acteurs de la société civique participent à un archipel
    avec les mouvements politiques et archipels politiques
  3. archipels territoriaux, locaux et articulation de ces archipels entre eux
  4. l’archipel comme manière d’entrer en politique de résilience.
    Retour du travail des petits groupe et pas suivants
    Conclusions
    Présent.e.s (en gras ceux dont je suis sûrs de la présence , merci de confirmer ou d’infirmer les
    autres )
    Prénom – Nom Organisation
    Alain Caillé Les convivialistes
    Anne Hessel Assises de l’écologie et des solidarités// Nouvelle Donne
    Claude HENRY Archipel OsosnLJH
    Bruno Lamour Archipel Citoyen « Osons les Jours Heureux »
    Denis M Vicherat Utopia
    Didier Fradin archipel osons les jours heureux
    Dominique Picard Labo ESS
    Geneviève Goutouly-Paquin Association tertius ( culture)
    Jonas George (Toulouse) Archipel Citoyen (Toulouse)
    Julian PERDRIGEAT Loos-en-Gohelle / Une Fabrique des transitions
    Marie-Hélène Izarn Archipel citoyen « Osons les Jours Heureux »
    Michel Briand (Brest) Bretagne Creative, Bretagne Educative
    Patrick Viveret Archipel citoyen « Osons les Jours Heureux »
    Philippe Macquet Cecsy / Bio-Scène
    Thierry SALOMON Association #LesJoursHeureux + négaWatt
    Thomas Viveret
    Intention de la soirée
    Se reconnaître entre archipéliens :
    Rendre visible la diversité des points de vue et expériences
    Partager l’information de l’état des lieux actuels
    Définir l’envie/besoin pour lancer une dynamique pour continuer ensemble
    Animation : La Bascule
    Règles du Jeu
    Parler en son Je : on est contestable, je ça ne l’est pas.
    Le pas de débat : essayer de se placer dans une posture d’écoute que de réactivité. Plutôt
    qu’énergie dans le débat (dans le contre), plutôt une posture d’écoute active (non réactive)
    Le pour et pas contre : dire “ce serait mieux avec…” que de dire “ce serait mieux si…”.
    Pour éviter une montagne de proposition, plutôt amender une proposition qui sert de base
    La co-responsabilité : on est tous ensemble responsables de ce qui se passe ici, du
    déroulé (“moi dans tout ça, qu’est ce que je peux faire pour que ça aille mieux”)
    Bienveillance :
    Les gestes de communication silencieux : accord (applaudissement) / recentrage
    (triangle)
    Une vision en archipel : conclusions du groupe de préparation
    Petits jardins
    Par groupe de 4 personnes échanges sur ce qu’on entend par Archipel
    Présentation du travail préparatoire de la soirée
    Par Didier Fradin
    La proposition de cette soirée est une tentative de revenir aux sources de l’archipel. Nous entrons
    dans un monde qui tarde à mourir et un autre qui n’en finit pas de naître. Comment faire face à ce
    mur qui se dresse ?
    L’idée de l’Archipel est une volte-face totale par rapport à ce qu’on connaît. Quand on regarde la
    terre depuis l’espace, on voit un océan avec des bouts de terre qui ressortent. On peut se
    demander si finalement on pourrait pas aujourd’hui “Pourquoi malgré tous nos efforts on bute sur
    le même problème” ?
    Dans l’archipel, on voit bien que chaque île a une identité racine (tradition, culture propre, histoire
    singulière) et qu’on a tendance à vouloir les uniformiser alors que leur diversité représente une
    vision du monde, des particularités qui représentent une richesse. Pour Edouard Glissant, ces
    identités racines sont une richesse, du commun, mais indispensable de construire des identités
    relation pour aller voir à côté et s’en enrichir, et pas dans l’idée d’aller transmettre une vérité.
    Glissant a travaillé sur l’idée de Deleuze du rhizome – une forme d’enracinement qui s’étend
    partout et qui se mélange à d’autres et font une texture complexe qui est le terreau sur lequel
    naissent pas mal d’idées.
    La pensée archipélique s’oppose à la pensée continentale : mes drapeaux, mes idées, mes
    croyances qui considère ce qui vient de l’extérieur comme barbare : on construit des murs. La
    pensée archipélique, la créolisation pense l’extérieur comme opportunité à s’ouvrir à l’inattendu, à
    “l’impensé”.
    Le lagon devient l’endroit où les différentes composantes de l’archipel se retrouvent. Mais les
    identités relations cultivées se retrouvent sur des projets (qu’on peut appeler pirogues). Notre idée
    c’est d’imaginer un grand archipel de la transition dans lequel coexistent toutes les composantes et
    dans lesquelles la dynamique des Communs est très importantes. A partir du moment où on
    construit un commun de la ressource à travers des projets, chaque identité racine différente
    devient une richesse de ce commun.
    Clarifications (questions)
    Souligner que l’enjeu est d’avoir des terrains de communication en commun. Il y a une
    pluralité. Dans l’archipel « osons les jours heureux » il y a pas mal d’orga différentes, est-ce
    que ça pourrait être le lieu d’un échange, d’une communication entre ces archipels ?
    On a besoin de construire des archipels plus modestes, le grand archipel de la transition
    doit être un objectif en vue mais on doit avoir des archipels plus locaux qui aient des
    victoires, des réalisations, des choses qui marchent.
    Beaucoup d’associations sont séduites par l’idée d’archipel mais c’est souvent en disant
    “on va pouvoir garder notre identité racine”. Il est nécessaire de lier au concept d’archipel,
    l’importance de la dualité entre identité racine et identité relation (la manière dont l’identité
    racine est réinterrogée quand l’identité relation marche).
    Les « gens biens » dans l’archipel ont tendance à privilégier leur identité racine.
    Est-ce que l’archipel doit être territorialisé ?
    Temps pour se connaître
    Est-ce que vous vous considérez appartenir à un archipel ?
    Oui :
    Synergie démocratique
    archipel des facilitateurs
    Osons les jours heureux x9
    “Transform”, archipel grenoblois
    Archipel de la Symbiose
    Grand archipel de la transition
    Les convivialistes
    Individu archipélique x2
    Alliance internationale pour les objectif de développement durable
    archipel citoyen de Toulouse
    comm groupe archipel
    tours archipel
    brest archipel éducatif bretagne créative
    Coop-group ex Imagination for People : écosystème d’une vingtaine archipels
    d’innovateurs sociaux dans le monde, qui a permis de développer une méthodo de
    développement naturel d’archipels humains sous la forme de “communauté de projets en
    réseau” (19h30 désolé je dois partir ~~Jean-Michel)
    En cours d’archipellisation :
    Assise de l’écologie et de la solidarités (cherche à se transformer en archipel) x3
    Non :
    Réseau international des dialogues en humanité (travail sur forme archipélique pendant
    prochaine rencontre)
    archipel développement durable Alliance internationale sur les objectifs développement
    durable
    politique de la relation
    Partageons nos expériences : Comment collabore-t-on en archipel, les
    forces, les limites : Présentation de différents archipels
    Osons les jours heureux par Thierry Salomon
    Le lagon : a pour objet de donner la stratégie, c’est l’organe politique de l’archipel. 4
    réunions physiques annuelles pour donner une feuille de route.
    Le voilier atelier : au service de l’archipel pour le faire exister entre réunions du lagon. Se
    réunit en conférence téléphonique tous les 15 jours pour organiser le court terme et le
    travail tout en rendant compte au lagon
    Les pirogues : ce sont des groupes projets autour de thématiques qui se dessinent. la
    pirogue se met à l’eau avec un pilote et une durée déterminée au bout de laquelle elle
    revient avant de repartir si ça fait sens :
    Pirogue nanoub : pour Nous allons nous faire du bien -> comment avancer en étant
    dans le bien vivre. Casser une militance trop difficile humainement à vivre.
    Pirogue récit
    Pirogue propolis : travaille plutôt de façon politique sur les solutions des
    problématiques du moment pour éviter de les mettre sous le tapis. Exemple : travail
    sur « de quelle Europe le monde à besoin” pendant les européennes -> en ce
    moment sur la question de la dissuasion nucléaire ou de la migration.
    Pirogue Archipol qui a lancé l’idée d’un archipel politique
    Divers
    Prise de décision : sur la base du consensus
    Pas de structure juridique; Philippe Macquet (Archipel de la symbiose) juridique au
    centre, mais une des associations de l’archipel sert d’association de moyens, qui
    finance pour le compte de l’archipel
    Outillage numérique : autour d’un wiki très actif qui est la mémoire du travail.
    Questions :
    Quand une pirogue aboutit, c’est quoi qui est produit ? Ça peut être très divers. Par
    exemple sur propolis la réflexion a abouti à des idées innovantes par rapport à
    l’Europe à travers un texte assez fort qui a pu être publié dans une tribune dans
    Libération et sur un site web traduit en cinq langues).
    Nanoub n’est pas centré sur le développement personnel mais sur l’articulation
    entre transformation personnelle, transformation des collectifs et transformation
    sociale. Acteur du forum mondial du “buen vivir” et organisation d’une journée sur le
    bien vivre en acte pendant l’univ d’été des mouvements sociaux en 2018 à Grenoble
    Comment sont prises les décisions, notamment pour intégrer des nouveaux ? Pour
    l’instant les décisions se font au consensus à la fois au lagon et au sein des voiliers
    ateliers, pas eu de grosses difficultés jusqu’à présent. On demande aux personnes
    qui veulent faire partie des voiliers ateliers de s’engager pour une année. Permet
    aussi de faire en sorte que chacun puisse partir.
    Archipel citoyen de Toulouse par Jonas Georges
    A démarré en juin 2017, l’idée était de construire une liste participative pour modifier le
    mode de fonctionnement du conseil municipal. Travail sur la gouvernance, choix de
    quelque chose d’horizontal. Au fil des mois quatre modes de gouvernance successifs.
    Deux premières phases : Notre mode d’archipel ne se basait pas essentiellement
    sur les identités relation même si ça a été l’inspiration. On est plus proche de
    fonctionnement sociocratique qu’en archipel.
    Troisième phase de gouvernance en 2019, les organisations politiques ont rejoint
    l’archipel. On a eu un mode plus archipélique a partir de là car les identités racines
    sont plus prononcées. Il y a eu une formalisation de la raison d’être collective sur la
    base des raisons d’être propres aux îles.
    Le dernier est un mode “campagne” qui a eu raison du mode archipélique.
    Ingrédient succès :
    Un organe indépendant fonctionnant de manière horizontale.
    Difficultés / limites :
    Fonctionnement archipélique difficile à appréhender par les membres
    Pour parvenir, il faut que chaque identité racine ait des bases de pratiques de la
    coopération suffisantes.
    Questions :
    Est-ce qu’au démarrage, certaines listes potentiellement concurrentes ont rejoint
    l’archipel ? Oui quasiment toutes car modèle de désignation de la liste qu’on a voulu
    innovante pour se tester sur l’intégrité de notre proposition (pas en mode “élisez
    nous et on changera ensuite”) -> un peu inspiré du principe des élections sans
    candidats + tirage au sort
    En dehors des groupes politiques, les citoyens se sont-ils organisés / regroupés
    entre eux ? Il y avait l’intention Philippe Macquet de ne pas venir avec une étiquette
    au début (en tant que citoyen uniquement avec volonté d’effacer les identités
    racines), jusqu’à ce qu’il y ait des groupes politiques avec un régime d’exception
    mais la question ne s’est pas posée pour les citoyens (avec identités racines
    affirmées).
    Des candidats éligibles tirés au sort ? Il y en a 9 sur la liste dont 6 ou 7 en position
    éligible
    Archipol par Denis Vicherat
    Il s’agit d’un “Archipel Politique” regroupant des mouvements de la société civique et des
    partis politiques dans la volonté de faire de la politique autrement.
    Le groupe est issu d’une pirogue de l’archipel citoyen osons les jours heureux
    Archipol se met en sommeil pour laisser place à l’archipel des « assises de l’écologie et de
    la solidarité »
    Assises de l’écologie et de la solidarité par Anne Hessel
    Fondées il y a 2 ans avec une vingtaine de partis dont EELV, Cap21, Générations,
    Nouvelle donne
    Problème politique : les identités racine des partis politiques sont trop imposantes, les
    identités relations trop faibles et dès qu’il y a le moindre succès les identités relations
    s’effondrent …
    Il faut renoncer à la politique compétitive pour aller vers une politique coopérative mais
    quand il s’agit de renoncer au logo des partis, c’est compliqué. Nous cherchons donc un
    modèle d’archipel qui marche. Je viens là pour que vous m’aidiez à comprendre comment
    faire bouger des représentants de force politique.
    Ce qui me rend optimiste c’est qu’on assiste à un changement culture (conférence,
    bouquin,…) qui fait qu’il y a un lien dans les combats écolo, sociaux et démocratiques.
    Les convivialistes par Alain Caillé
    regroupe des personnes qui se reconnaissent dans le manifeste des convialistes et
    regroupe des gens venant aussi bien d’ATAC, que du labo de l’ESS
    Fonctionnement :
    un 1er manifeste et bientôt un 2ème signé par beaucoup de personnalités
    4 ou 5 réunions par an
    Problèmes :
    les représentants des associations n’engagent pas leur mouvement.
    la question fondamentale c’est pourquoi on se rencontre.
    Les politiques ne se rencontreront pas si il n’y a pas un travail de valeurs communes
    (jusqu’à l’échelle internationale)
    Il faut mettre un nom sur une doctrine . Les grandes forces politiques ne mobilisent plus
    (socialisme, communisme, anarchisme,…). On propose convivialisme. Je pense que tous
    les archipels pourraient se proclamer convivialiste.
    Archipel de la Symbiose par Philippe Macquet
    Comment relever le défi de métamorphoser la société étant donné l’urgence ? J’ai passé 3
    mois à la Bascule + 5 mois de partage avec le collectif CECSY pour proposer un
    fonctionnement organique
    Un fonctionnement par projet. On va pas être trop dans la réflexion on va s’ancrer sur le
    concret de nos territoires
    Aujourd’hui l’idée est de basculer sur un mode coopératif (ADN de la Bascule) étant donné
    que le modèle extractiviste et productif ne profite qu’à certains
    Cultiver nos complémentarités en archipel
    un collectif d’individus-archipels super inclusifs
    une “holding coopérative” : on va se rassembler pour être plus puissant ensemble
    un espace labo : mutualisation, coopération, redistribution des connaissances vers
    les communs
    Notion de recherche action “Comment organiser le changement de cap sociétal?”
    travailler sur la notion de déclic de conscience
    on se met en action sur les territoires
    3 axes de projet :
    territoires en expériences → co-construire des stratégies de résilience territoriale
    individus en coopération → mobiliser groupes locaux
    organisations en résilience → accompagner le passage d’un monde compétitif à un
    monde d’économie coopérative
    Voir avec Philippe Macquet pour plus de détails, il y a un diapo dispo en ligne :
    (nb > doc presque stabilisé, mais qui doit être terminé courant semaine prochaine)
    https://www.bio-scene.org/sites/default/files/-Comm-Archipel.pdf
    Importance de la question de faire un très vaste archipel (économique, politique, sociétal,…)
    Également proposé, une petite vidéo de présentation (en version V.0 avant travail de design
    motion) sur l’enjeu du modèle économique coopératif et les pistes de massifications :
    https://www.bio-scene.org/media/cecsy-recherche-actions
    Travaillons en ateliers
    Atelier 1 : en quoi les modalités d’un archipel (politique ou société civique) sont elles
    capables de changer la donne ? / en quoi le fonctionnement en archipel favorise t’il la
    convergence (à partir de cas concrets). (6)
    Atelier 2 : archipel Politique : les conditions que les acteurs de la société civique
    participent à un archipel avec les mouvements politiques et archipels politiques. (1)
    Atelier 3 : archipels territoriaux et locaux et articulation de ces archipels entre eux :
    certains regroupements territoriaux ou locaux sont en train de se constituer, faisant
    explicitement référence ou non à la notion d’archipel. (7)
    Atelier 4 : l’archipel comme manière d’entrer en politique de résilience : Il s’agit de
    proposer pour l’ensemble du cycle électoral qui démarre aux municipales mais va jusqu’à
    2022 sans discontinuer, de placer le débat sur des politiques publiques de résilience au
    coeur du débat démocratique. (8)
    Atelier 5 : l’archipel et activités économiques : l’archipel est une forme d’organisation qui
    peut également concerner les activités économiques productrices de biens et de services.
    (7)
    Atelier 1 : Convergence
    À distance : Geneviève, Jonas, Romain, Antoine (arrivé en fin d’atelier)
    Synthèse :
    Force de l’archipel :
    permet de rassembler, de fédérer les individus
    permet la reliance entre les projets existants (déjà innombrables, qui n’ont pas
    besoin d’être multiplié encore, mais plutôt d’être relié) à différentes échelles
    échelle local (du territoire)
    échelle mondiale
    Faiblesse de l’archipel :
    (potentielle faiblesse, observée dans un cadre politique) faire cohabiter des collectifs
    aux identités racines très fortes et différentes
    Principes d’actions :
    Créer d’abord des espaces de rencontre (sans objectif de production) pour se voir,
    se connaître, se comprendre, discuter, faire du lien
    image du lagon autour duquel des choses sont créées, mais en son sein ce
    n’est que du partage
    Créer ensuite des espaces de co-création (avec là un objectif de production)
    Accorder une attention particulière à la formalisation, parler en tant
    qu’individu (pour s’exprimer en confiance, enlève la charge mentale d’être le
    représentant d’une île), s’assurer que l’on s’est bien compris (difficultés
    d’interprétation observée dans un champ politique)
    Piste de travail identifiée :
    Formaliser et rendre visible le concept d’archipel
    avec des principes d’action
    Atelier 5 : Archipel et activités économiques
    Thierry, Denis, Philippe M, Isabelle
    Enjeux Thierry Salomon – Archipel OLJH :
    il faut définir ce qu’on entend par activité économique, pour moi production de services et
    de biens
    déjà des groupements d’intérêt économique (GIE) mais uniquement centré sur les moyens
    pour optimiser les coûts mais pas sur les objectifs
    SCOPE : société coopérative → proche d’un fonctionnement d’archipel : chaque individus
    est une île et on se retrouve en conseil (lagon) et une délégation (voilier atelier) qui prend
    les décisions et des projets (pirogues). Un travail d’horizontalité puis une décision verticale
    qui me paraît nécessaire en entreprise.
    Si plusieurs entreprises, ça peut être + proche d’un fonctionnement en archipel. Idée de la
    création d’un écosystème alternatif
    Denis, Archipel OLJH :
    Distinction des différentes sphères économiques : privé (dont ESS) ou publique
    Les communs
    Echange d’info et de bonnes pratiques au niveau des villes pour aller + loin dans la
    coopération
    Rapport de subordination différents → archipel propose VS archipel décide
    Philippe, Archipel de la symbiose :
    Diagnostic de départ : le modèle économique menace l’humain car ne sert que l’intérêt
    individuel. L’économie peut être la solution si elle change sa vision et la met au service de
    l’intérêt général
    Niveau général : besoin de mettre l’économie en archipel car + fort ensemble face au
    rouleau compresseur
    Passer de flux monétaire à des flux d’entraide (dynamique coopérative, richesses
    humaines)
    Niveau local : une épicerie au local peut fonctionner sans flux monétaire avec du troc
    Isabelle :
    de multiples îles et archipels non formalisés mais trop de chapelles et pas assez de lien
    il faut que des îles et archipels non formalisés puissent se reconnaître dans la notion
    d’archipels
    les postulats de l’ancien monde sont particulièrement ancrés en entreprise (encore plus
    qu’en politique), archipel pour aider à déconstruire ça
    archipel facilitateur et archipel accélérateur, il faut accélérer les innovations économiques et
    les actions
    le monde éco reconnaît l’efficacité des process donc on peut avoir de l’adhésion
    il faut mettre les traducteurs
    Bilan :
    importance de bien définir ce qu’on entend par acteurs économiques, la sphère, la limite…
    utilité d’utiliser un process efficace comme celui de l’archipel pour faire changer les choses
    en profondeur. On est + fort ensemble
    rapport de subordination différent en entreprise et en archipel
    Désaccords féconds :
    Faut il intégrer dans un archipel des entreprises malfaisantes (armement par ex) OK
    ou pas ? Pour ces entreprises cela peut favoriser à faire des petits pas (mettre un
    fonctionnement en archipel) ou nécessité préalable de changer radicalement (
    économie de marché et entreprise au service du profit VS idée de l’archipel
    définition de points fondamentaux. Pour certains tout peut être un archipel, pour d’autre un
    syndicat inter professionnel ne peut pas l’être. Suffit-il de coopérer pour être un archipel ?
    Et après ?
    Continuer à peaufiner la typologie des archipels et faire un archipel autour de l’économie,
    comment l’archipel de la symbiose peut diffuser ?
    Voir comment ça se passe dans les villes et comment l’archipel peut faire avancer ça
    Connecter des personnes (en mode compagnons) avec l’archipel de la symbiose
    Prendre attache avec des archipels non formalisés : france active, avise, labo ESS, NIAC
    pour les mettre en lien et leur parler du concept d’archipel
    Retravailler la question de ce qu’est l’archipel
    Atelier 4 : L’archipel comme manière d’entrer en politique de résilience :
    Il s’agit de proposer pour l’ensemble du cycle électoral qui démarre aux municipales mais va
    jusqu’à 2022 sans discontinuer, de placer le débat sur des politiques publiques de résilience au
    coeur du débat démocratique
    Membres du groupe:
    Geneviève Goutouly (OJLH)
    Patrick Viveret (OJLH)
    Marie Hélène Izarn (OJLH)
    Anne Hessel (assises)
    Des éléments de contexte supplémentaire sont donnés par Patrick : la question de la résilience est
    centrale avec une grande probabilité de chocs aujourd’hui (crise financière, écologiques, etc). Et
    pourtant elle n’est pas au coeur du débat public. ON parle soit d’effondrement soit on parle des
    enjeux économiques, sociaux comme d’habitude. Il faut que les acteurs se posent la question
    d’une résilience créative.
    Par rapport à cela, l’approche d’archipel paraît intéressante car en cas de chocs tous les
    systèmes rigides explosent mais les systèmes souples résistent . Donc le fait de croiser la
    souplesse de mêler identité racine et relation de l’archipel est intéressante de ce point de vue là.
    Pour les assises de l’écologie et de la solidarité, cela pourrait être un thème de travail.
    Observatoire de la décision publique pourrait jouer un rôle là dedans en évaluant les politiques
    publiques sous l’angle de la résilience. Récemment, création (dans un quasi silence) d’un haut
    comité à la résilience nationale.
    Anne (assise écologie): les municipales ont été pour le moment un bon moment de “travaux
    pratiques” pour ce que peut être l’archipel (exemple de Toulouse). Là l’archipel est utile pour
    exprimer aussi des sujets sur la résilience. De gros doutes pour 2022. Aller jusqu’à l’élaboration
    d’un gouvernement national avec un Archipel … Une angoisse par rapport à ça… Des
    questions.
    Voit assez bien comment les orga de type archipel réussissent (exemple des initiatives de
    quartiers qui se lient, ex: les supermarchés coopératifs ). Mais passer de ça à une politique
    européenne et nationale qui permette de faire de la résilience sans accroître les inégalités c’est
    difficile ! Fonctionnement en Archipel (pouvoir s’écouter, ne pas être compétitif et discuter de sa
    différence et s’en enrichir) il faut avoir une culture commune. Ok pour l’avoir en petit groupe mais
    beaucoup plus difficile quand on fait de la représentation. Le problème de la représentation est
    crucial (impossibilité de parler en son JE, toujours parler en NOUS)…
    Patrick :
    Il faut pouvoir repartir de la richesse réelle des territoires (en cas de crise financière) y
    compris la mise en relation d’outils tels que les monnaies locales, etc.
    Il faut aussi être capable de monter à des niveaux plus globaux : autre face de l’archipel:
    capacité de construire de la reliance, des identités relations.
    L’échec du dollar est programmé : il ne pourra pas être monnaie américaine ET monnaie
    mondiale. Sur ce sujet comment développer une nouvelle monnaie mondiale.
    Si je connecte dimension locale et dimension mondiale (ex sur la partie résilience
    financière), il y a une possibilité d’une création monétaire qui serve aux investissements
    écologiques et sociaux majeurs dont nous avons besoin. Et pour ce faire besoin d’une
    approche qui lie local et global (pas technocratique, ni purement localiste)
    Système macro européen est tellement normatif qu’il empêche les identité racines de
    s’exprimer (ex: brexit) et le système nationaliste inverse nous conduit droit dans le mur et
    l’éclatement de l’Europe. Besoin d’organiser l’Europe sur un système archipélique (principe
    de construire des identités relations et respecter les identités racines des catalans,
    écossais, etc). Le système des Nations Unis est l’inverse de ça et c’est défaillant. Société
    des Nations -> Nations Unis -> ??? Archipel??
    Marie-hélène : Comment l’archipel peut articuler mouvement citoyen et mouvement
    politique ? En lien avec des objectifs communs et des valeurs.
    Archipel = force de développement économique et social, appuyer le développement écologique
    (passer par des amap), revenir sur des coopérations agricoles. L’archipel pourrait aider à revenir
    vers des logiques coopératives.
    L’archipel = comment rendre lisible, visible toute cette reliance et devenir une force qui
    dérange . La résilience peut être efficace si on déroge le système actuel et si on peut passer
    regroupement des forces défendant ces propos.
    Exemple des territoires qui ont subi la désertification, l’exode rural, on voit des systèmes de
    résilience se mettre en place. Il y a des territoires qui ont créé des dynamiques sociales poussés
    par les citoyens. L’ESS va se déplacer dans un système en crise.
    Comment on amène l’individu à avoir cette prise de conscience et à se transformer
    personnellement pour travailler collectivement? Et là le fonctionnement archipel prend tout
    son sens (pour mobiliser les collectifs autour d’un sujet commun . Peut créer un phénomène
    d’innovation (ex; de la monnaie, au pays basque où ils se sont mis ensemble, exemple du groupe
    Mondragon (système social)).
    Prise de température sur l’envie de continuer sur cette réflexion :
    Geneviève: Oui et surtout travailler sur le comment
    Patrick: Oui, projet c’est de continuer notamment à travers l’Observatoire de la décision
    publique.
    Marie-Hélène: Oui, intéressant de s’être regroupé. Croiser des expériences. Mettre en
    place des GT, des outils, renforcer nos compétences là dessus. Exemple créer une école.
    Anne: Oui oui oui. Souhaiterait en place dans ce genre de cadre, aimerait ne pas être seule
    des assises (qui ne soit pas aussi aux Jours Heureux).
    Quel est le pas suivant :
    Anne: Communiquer aux Assises (au comité de pilotage) ce qu’il a été fait aujourd’hui pour
    dégager un PPP des Assises de l’écologie. Convaincre ses partenaires des Assises.
    Marie-Hélène: Parler de l’Archipel et de la résilience aux ensembles d’entreprises que je
    connais. Amener cette réflexion
    Patrick:
    Aider Anne par rapport aux Assises écologie, en faisant notamment un petit texte de
    propositions
    Inviter les membres présents lors du lancement du cycle de l’Observatoire sur ces
    questions là.
    Travailler lors de ma rencontre en Gironde ces questions d’archipel et résilience + mettre
    en lumière aux assises ce qui se fait en Gironde.
    Envoi d’un mail aux membres de ce groupe
    Geneviève:
    Reprendre le fil sur ce qui a été commencé avec Bruno, et Alain sur la dimension culturelle
  • créer un groupe culture
    Atelier 3 : archipels territoriaux et locaux et articulation
    Participe : Selma, Didier, Dominique, Claude, Jean-Pierre
    Présentation qui est là pourquoi ?
    Selma : engagée dans Transform’ (local/Grenoble) et archipel citoyen osons les
    jours heureux (national) comment faire correspondre le niveau local et le niveau
    national.
    Didier : très engagé sur le municipalisme agir local penser global.
    Dominique : labo de l’économie sociale et solidaire ; question : comment on fait dynamique
    globale et territoriale des dynamiques sectorisées comment les faire devenir système ?
    articulation des archipels entre eux ou du moins des différents mondes, dimensions qui font
    un territoire.
    Claude : période de changement de vie quitte Paris pour un village du Gard ; situation
    catastrophique, nécessité de reconstruire les territoires. Il va intégrer un habitat participatif
    donc rejoindre un groupe. Il a investi beaucoup de temps dans l’archipel OLJH et est
    désireux de réfléchir à la possibilité de relier sur le terrain différentes dynamiques. Sensible
    à la dimension territoriale des archipels
    Jean-Pierre : ex trésorier syndicaliste, archipel OLJH, dimension politique. Dynamiques
    citoyennes à Rouen, Caen, et dans d’autres villes mais tout ce monde à un angle mort c’est
    que les personnes ne se posent pas la question des rapports au pouvoir et à leur propre
    rapport au pouvoir. En cours de création d’un groupe normand de l’archipel pour travailler
    sur ces questions car les personnes ont besoin de se poser des questions sur ces rapports
    de pouvoir.
    Les 3C : Ce qui doit cesser, continuer et être créé ?
    Jean-Pierre :
    ◦ Continuer : lien aux habitants, débat citoyen, ess, démocratie participative, conseils de
    citoyens (seulement en plm conseil de citoyens élus donc loi limitante à faire évoluer)
    ◦ Créé : sur les rapports de pouvoir, il y a un problème donc là il faut créer un dispositif
    (exemple : gens qui se font élire mais poids de l’institution les rends obtus – non-cumul
    des mandats – suivi citoyen pendant les mandats – quels gens restent salariés (les
    conseillers municipaux de base de sorte que l’insertion économique ne dépende pas du
    mandat) – trouver une façon pour qu’ils n’interviennent pas que tous les six ans – budget
    participatif – conseil de citoyens élus (de métropole pour ne pas avoir de disjonction
    avec les cours) – conseil citoyen – conseil des jeunes – mettre des boîtes aux lettres
    dans la rue – travailler sur le rapport compliqué entre élus et services (qui peuvent
    bananer ceux-ci) – identifier les différents poids (exemple celui du le cabinet) pour
    baliser et réduire le risque du fait qu’on a le comportement de son identité sociale… De
    nouveaux citoyens peuvent être mis à l’écart car en face il y a des personnes là depuis
    dix ans pas facile de leur laisser la place. Comment intégrer les nouveaux et leur laisser
    de l’espace ?
    Dominique :
    ◦ cesser : compétition et mise en concurrence entre les organisations, comment avoir
    une force de proposition différente
    ◦ continuer : le terreau d’émergence d’initiatives avec une appétence des gens à faire,
    énergie créatrice
    ◦ créé : les moyens de la coopération ; comment faire financer de l’ingénierie créatrice ?
    les outils qui permettent de faire de la coopération ; des moyens de mesurer nos
    avancées par rapport aux objectifs qu’on se fixe en coopération, des processus de
    réflexivité ; créer l’archipel = créer des processus de coopération
    Didier
    ◦ cesser et continuer : d’accord avec Dominique : S’autonomiser par rapport à l’institution
    ; qu’il y ait une véritable implication des citoyens et que ça ne dépende pas des élus ; la
    question des services, ça dépend plutôt des gens ; faire de l’information et de la
    formation des services techniques pour qu’ils comprennent les dynamiques d’archipel et
    de transformation du monde ; problème des territoires fermés manque de sens ; en
    Bretagne, on travaille sur les territoire ouverts, territoire mouvant où tu crées des
    relations, comment tu crées une pirogue qui embarque des gens d’autres territoires
    (expl : question mobilité) ?
    ◦ continuer : les démarches Ess (repair café etc.), trouver des moyens de les financer ;
    créer des lieux vraiment citoyens, vraiment autonomes. Agir local penser global : on
    nous demande des références, des exemples qui ont marché, expl il raconte l’exemple
    de l’archipel. Besoin de travail de documentation, d’illustration des réussites et des
    exemples (une pirogue).
    Dominique : une notion qu’on développe par rapport à la mise en connection des territoires
    (alimentation, précarité alimentaire) comment on fait se rencontrer des territoires ? Pratique
    de visites apprenantes et agissantes ; pour dépasser nos problématiques on va voir
    d’autres pour avancer plus vite. Des visites actions, l’idée de faire connaître et de faire
    ensemble, que chacun en face son miel plus que d’essaimer
    Didier : C’est la créolisation !
    Selma
    ◦ ce qui doit cesser : brasser de l’air
    ◦ ce qui doit continuer : la reconnection ancestrale, bien-être, éducation
    ◦ à créer : espaces communs synergiques, cultiver le goût d’être ensemble, festif,
    conviviaux. Transform’ : dynamique du changement, rencontres artistiques. chantiers
    divers, au feeling, on a des temps ensemble. nouveau média, cirque, appuyer sur des
    logiques d’économie transformatrice.
    Claude : est dans une démarche personnelle qu’il va faire dans un groupe. l’habitat
    participatif 600 en France ; favoriser les regroupement des habitats participatifs voisins
    dans une région, qu’ils se regroupent ; faire des ponts avec les colibris du coin, créer des
    espaces de rencontre ; proposer qu’on s’écoute vraiment quand on se rencontre que
    chacun prenne le temps de se rencontrer, partager ses points positifs et limites
    Jean-Pierre : à Rouen un habitat participatif va se monter ; des personnes qui créent un
    comité de liaison des forces de gauches écologistes, récupérer l’idée d’archipel sans savoir
    vraiment ce que c’est
    Les Prochains Petits Pas :
    Didier : pour Dominique, un lien est à faire avec quelqu’un à Lille dans l’ESS qui se tourne
    sur l’alimentation ?
    Dominique : pas possible doit d’abord mettre en oeuvre le projet pour se relier en revanche
    peut donner des références de personnes qui s’occupent de ça dans la région (plein de
    choses sur le PTCE)… Connection…
    Jean-Pierre : besoin de mutualisation; la fabrique des transition ; ça va s’élargir, faire en
    sorte qu’il n’y ait pas 5000 initiatives qui se créent ; fédération des élus… ; les villes en
    transition
    Claude : construction d’interconnaissance via les outils numériques (donc ça a ses limites
    mais c’est bien)
    ◦ 1) la carte des oasis et des habitats participatifs montée par 2 assos qui ont mis en
    commun toutes leurs données
    ◦ 2) Transiscope, une dizaine d’assos qui ont fait une carte commune qui agrège des
    données sur la transition
    Didier : travaille bcp avec eux, ils ont travaillé le web sémantique, vrai travail
    d’archipélisation. Organisation d’un événement avec des gens qui souhaitent réellement de
    construire et de fabriquer
    Conclusions
    La rencontre est jugée positive, malgré la fatigue qui se fait sentir, et grâce à la souplesse
    et à la qualité de la facilitation par la Bascule.
    L’archipel citoyen « Osons Les jours Heureux » fera un compte rendu et proposera avec le comité
    d’organisation de l’agora de nouvelles pistes pour permettre d’approfondir et de diffuser la vision
    archipélique et ses conséquences en terme de structure favorisant la coopération entre
    organisations.

Ordre du jour :



• les nouvelles de nos archipels : comment se développent ils ?
• le pas suivant : comment poursuivre les travaux commun pour développer et partager la vision archipellique
Présent.es : Bruno Lamour, Didier Fradin, Jean-Pierre Lancry, Patrick Viveret, Philippe Macquet, Alain Caillé, Jean-Claude Deveze, Audrey de Garidel, Andréa Caro, Lorenzo Favia, Denis Vicherat, Denis Guenneau, Philippe Lemoine, Thierry Salomon, Danièle Léon, Geneviève Goutouly (au début), Sonia Enrique Salagre, David Flacher, Bénédicte Fumey, Geneviève Ancel à la fin.
Le but de cette réunion n’est pas de refaire une agora, mais de voir comment rebondir suite à l’agora de février, à partir de l’actualité des archipels.
Première partie :
• Les nouvelles des Archipels
D Guenneau : Archipel de l’écologie et de solidarités.
on a beaucoup avancé grâce au confinement. On est d’accord sur une charte, des règles de gouvernance inspirées de oljh, et on est en période d’observation par de nombreux collectifs politiques.
le 17 juillet est la date de fondation de l’archipel. Il semble que la piste de notre archipel prend dans les médias.

Andréa : Archipel citoyen planétaire, son objectif est de connecter le local et le global. Pendant le covid, la fermeture des frontières, on a senti les violences montantes, d’où la nécessité de concrétiser l’archipel au niveau mondial.
Le Viral Open Space, sur la piste du Forum social mondial, est apparu pendant le mois de mars, 10 jours après le confinement. Nous nous situons dans une démarche apprenante, qui se pose des questions entre espaces numériques, et les groupes comme le Forum des énergies transformatrices, dialogues en humanités, forum social mondial.
on utilise des « butineurs » qui pollinisent, changent de posture. On partage les expériences de facilitation, il n’y a pas captation.
Comment créer le lien avec les institutions (ONU), Patrick est en lien avec Gustavo Gutierrez, secrétaire général de l’ONU.
Philippe Macquet Archipel en symbiose. Les outils qu’on a créés sont en lien avec la notion citoyenne.
les Archipels en symbiose essayent de s’intégrer dans le contexte archipélique, dans une pensée « Faire ».
le confinement nous a permis de passer de la théorie à la pratique, un collectif s’est créé à Lyon, en accompagnement des transformations des organisations et des territoires => Archipel Kyosei.
Nous avons une feuille de route à mutualiser en vue de contribuer activement à l’archipélisation de la société.
On a des éléments à mettre au commun.
Bruno Pouvoir citoyen en Marche qui devient un archipel convivialiste. Son activité est en dent de scie depuis quelques années. Nous nous sommes donné comme objectif de tisser des liens et du dialogue entre le Pacte Pouvoir de vivre, pacte pour la transition, et plus jamais ça, tout en respectant l’originalité de chacun des pactes, mais en se donnant des possibilités de coopération plutôt que de la concurrence
Alain Caillé : on voit bien que le problème principal aujourd’hui, c’est la montée des violences et inimitiés, et le convivialisme apporte un commun de dimension internationale. Le problème principal à affronter est de défendre une éthique de la discussion.
Lorenzo : compagnons de l’archipel avec Didier, Andréa, Selma, Yannick, etc…
l’étymologie de l’archipel , c’est une étendue de mer parsemée d’îles , on inverse la logique on part de la mer. En règle générale, plus ou moins inconsciemment , on propose de collaborer en disant « suivez moi ». Ici on inverse la logique grâce à cette dimension apportée de centre vide, on va vers l’autre, et on cherche la manière de coopérer.
Cela pose de nombreuses questions associées :
• la vision océanique de notre monde , une vision plus qualitative ?
• une vision où est davantage présente la dimension du féminin
• la séparation du Vivant , l’organique
A noter la publication de Jéremy Montagny : Voici une présentation de la notion d’organisation en Archipel associée à des inspirations d’Edouard Glissant ; un écrit réalisé suite aux relais fait d’acteurs de collectifs et d’organisations qui cherchent à construire ce monde d’après : https://medium.com/@jrmymontagny/archipels-48cc3f98c696
Didier : : il nous manque des tisserands, des gens qui connectent, pour développer les identités relations. Les compagnons sont des artisans qui sont dans l’océan et qui vont chercher à faire des liens. C’est très basé sur le commun. on veut travailler en open source
Thierry : Archipel citoyen Osons les Jours heureux
Nous avons cherché à clarifier la notion d’archipel à l’aide d’un travail collectif pour formaliser des principes de fonctionnement modifiables : production d’un document (les fondamentaux de l’archipel oljh) qui a été mis en circulation. Aller plus loin que les principes fondamentaux (identité racine/identité relation) pour développer au niveau des modes de fonctionnement (notion de centre vide). Un document assez concentré qui sera complété d’ici un ou deux mois.
On explique aussi le pourquoi de la sémantique poétique et chargée symboliquement : plusieurs pirogues quelles que soient leurs vies.
L’évolution de notre archipel : d’un désir de rassembler des communautés, on rassemble des personnes qui sont des tisserands qui tissent des liens entre diverses organisations.
David : Arc en Ciel, cherche à éviter un éclatement pour 2022 avec une multitude de candidature de gauche et écologique et à construire un grand débat avec la population autour d’un enjeu de fédération, pour que les citoyens débordent des acteurs habituels politiques. débat pré constituant.
Denis Vicherat sur l’archipel de l’écologie et des solidarités
On cherche à constituer les membres fondateurs, individus ou organismes. Des gens représentent une asso et l’engagent, dans ce cas là c’est l’asso qui est membre; d’autres sont adhérents à titre individuel et n’engagent qu’eux même. Par rapport à d’autres, la singularité de cet archipel est de regrouper : individus, partis, syndicats, associations et autres organismes, ça se veut large. Autour de Christian Paul une convention est en préparation à la rentrée. Un autre sujet est L’en cours : le processus des auditions citoyennes.
JC Devèze : pour le Pacte Civique.
L’observatoire de la qualité démocratique est interessé : on se pose la question de regarder le paysage présidentiel, il faut éclairer la démarche pour voir comment on peut construire ensemble.
Selma ; Transform à Grenoble : est en cours de mise en place – projet d’être en relais avec les institutions et politiques locales. Elle se demande quelle forme ça va prendre, observe depuis un ans et pense que pour l’an prochain cela pourrait déboucher. Elle a l’impression que les portes sont ouvertes et qu’il y a pas mal de choses à faire. Il faut ratonner encore dans la fréquence des événements et par ailleurs dynamique d’actions en cours pour amener plus d’art et d’artiste dans la problématique.
Ce qui fait sens est de décloisonner et cela représente quelque chose de très concret. Elle pose la question de communiquer avec les institutions à partir d’espaces informels ce qui réponds à des attentes culturelles marquées et correspondant à un besoin concret. Ils ont hâte de voir quelle forme ça va prendre…et réfléchissent à une économie transformatrice…
Selma est engagée dans une dynamique pour amener plus d’art dans la rue, décloisonner les identités trop rigides. Comment communiquer avec l’institution sans être informels?
Bruno : On voit que cette approche archipélique a comme intérêt de faire se rencontrer des univers très différents.
Bénédicte : le pacte civique sort un livre sur la sobriété et un autre sur l’économie régénérative avec l’université de Toulouse.
Plusieurs personnes ont écrit des articles : lanceurs d’alerte / transition perso et transition société /
Deuxième partie :
• Réactions aux différentes présentation
• Puis que faire ensemble dans la suite du mouvement ?
Jean-Pierre : Comment faire pour que les identités qui se structurent ne soient pas un obstacle à leur élargissement ? Il est nécessaire de faire des liens entre les différents pactes, sinon comment faire pour se repérer là-dedans au-delà de nos milieux ?
Philippe Lemoine : souligne l’intérêt de ce qu’on a développé avec ce concept d’archipel : plus d’horizontalité et de transversalité, la mise en relation des personnes en s’appuyant sur différents concepts.
Mais il est nécessaire d’anticiper sur les limites du concept, entre autre sur le plan territorial.
• Est-ce qu’il est valable ou pas dans tel ou tel cadre ?
• L’archipel peut-il devenir un outil de management ?
• Est-ce qu’il est applicable à l’économie, au management ?
• Etc.
Différentes logiques sont à l’oeuvre entre mouvements citoyens et mouvements politiques et cela nécessite une vigilance.
Il faut privilégier un dialogue entre les actions au niveau des municipales et au niveau des présidentielles de 2022.
Patrick
Comment la diversité ne se met pas en contradiction mais plutôt mène à des convergences. C’est l’un des enjeux du moment. Il est indispensable de partir d’un commun (l’océan) qui facilite la convergence sans que celui-ci ne soit source de domination et d’absorption entre plusieurs initiatives qui choisissent des formes différentes.
Par exemple comment prendre en compte les critiques sur la mondialisation tout en développant l’enjeu planétaire ? En passant d’une géopolitique de rivalité à une géopolitique de coopération.
Jérôme Fourquet se fourvoie avec sa polarisation sur la fragmentation des îles, plutôt partir de l’unité d’une planète océan.
Une des propositions pour travailler ces questions : un questionnaire qui permet de situer les identités propices ou obstacles au commun à construire (voir annexe).
Les personnes qui sont elles-mêmes impliquées dans une organisation et vont aller d’une organisation à une autre sont précieuses. Il faut faire un repérage de ces personnes. Il s’agit d’un travail discret et informel entre ces tisserands de sorte qu’un début de coopération émerge.
Bruno : en ce sens pour la rencontre entre les pactes, il faut construire avec les membres de « Plus Jamais ça », du « pacte pouvoir de vivre » et du « pacte pour la transition » qui acceptent de construire et de se coordonner ensemble.
Alain Caillé : problème sémantique : Que font les tisserands dans les bateaux ?
Thierry : Les tisserands tissent des liens avec l’ensemble des autres organisations sans forcément faire partie d’une pirogue. Des piroguiers montent dans une pirogue pour faire des projets délimités qu’ils vont mener. Ils viennent de différentes îles sur lesquelles ils sont en lien et construisent des façons de travailler ensemble.
Sonia : avec le VOS ( The Viral Open Space ) la question de l’interconnexion, de la reliance était importante. Avec le Covid, on constate l’apparition ou l’éveil de personnes qui se rejoignent autour d’un sujet.
Tout démarrer à zéro et voir ce qui a été fait autour, se définir comme une île ou un archipel ou…?
Mais le déconfinement a provoqué un découragement de ces élans. Comment les aider : il est très utile de transmettre.
« The Sequel » documentaire à voir au sujet d’un anglais (Fleming) qui a laissé une oeuvre posthume sur la lean logic, une sorte de dictionnaire. Un modèle qui est utilisé dans le monde anglosaxon.
Lean Logic: A Dictionary for the Future and How to Survive It (2016, Chelsea Green Publishing)
From Shaun Chamberlin, Dark Optimism @ England : My email: shaun@darkoptimism.org
https://en.wikipedia.org/wiki/Shaun_Chamberlin
My website: https://www.DarkOptimism.org/
My Twitter: https://www.twitter.com/DarkOptimism/
David’s books: https://FlemingPolicyCentre.org.uk/books or https://leanlogic.online
https://vimeo.com/268836119 password: SQ
Selma : pour répondre à Alain, les tisserands s’occupent de l’étoffe, le tissu c’est quelque chose comme l’âme, la voile qu’on tisse avec différentes formes et couleurs…
Alain : autre question : pour adhérer à un archipel, il faut que les gens soient cooptés pour ne pas qu’il y ait trop de monde ? est-ce que le but du jeu est d’être en grand nombre ? En nous regroupant on peut faire masse mais est-ce le but ?
Selma : pouvoir renvoyer des gens vers d’autres collectifs dans diverses villes qui seront un peu dans la même sensibilité.
Didier : Comment on fait le lien entre toutes ses îles et que chacun puisse être au courant. Un lagon de la connaissance, un peu comme une forme de bibliothèque où chacun pourrait venir pour avoir accès à des ressources, aider d’autres etc.
La Fabrique des transitions se constitue en archipel, l’assemblée virtuelle fait également cette tentative.
Il faut partager une connaissance commune dans nos concepts.
Lorenzo :
• pas de coté – M Y C E L I U M : quand Yoann Duriaux / Tiers Lieux Open Source : nous parle des Identités Racine et des Identités Relation; un Monsieur Jourdain du concept ARCHIPEL?
• que nous dit il ?
•  » FAITES DES CHAMPIGNONS , FAITES PAS DES ARBRES « https://www.youtube.com/watch?v=BvA7lsGNd5Y&feature=youtu.be&fbclid=IwAR0vsmN6WnnQgdt30NphCfLbNQZvjh6noHlbxd2RAx2fFUUpZckoaEhso0g
David :
la pirogue « grand débat national pré-constituant » pourrait être lancé en intégrant les différents archipels (portée par la société civile et associant les acteurs politiques). Il faut néanmoins que la réflexion avance un peu au sein « d’Arc en ciel » pendant les vacances.
Patrick : nous avons des échéances proches.
• Le 5 juillet aux dialogues en humanité, aura lieu un débat « du local au mondial, vers la possibilité d’un archipel citoyens planétaire ».
• sur la question d’un autre rapport au pouvoir : assemblées de l’archipel de l’ écologie et des solidarités le 6 juillet et le 17 juillet à 17h30 (assemblée fondatrice – lieu ou web, à définir). D’autres Rendez-vous à venir pourraient intéresser les uns et les autres.
• il nous faut partager sur les éléments tel que le suggérait David.
• Le lien entre les trois pactes peut aussi faire l’objet de contenus communs.
• le Questionnaire sur les trois grands aspects d’un archipel est à mutualiser.
cette approche est riche du partage et des questions qu’on se pose en commun. Il faut que des centaines de milliers de personnes se sentent concernés par cette nouvelle approche du pouvoir. On ne sait comment on accueillera ces milliers de personnes mais, dans le dispositif à mettre en place, il faut que cette possibilité soit ouverte. Le rapport entre archipel et mouvement serait donc une question intéressante à mettre à l’ordre du jour d’une prochaine rencontre.
Philippe M : tout d’abord, je vais être timide dans ma prise de parole parce que ce que je vais dire en un temps très réduit peux laisser place à des interprétations diverses – Je prend le risque.
Je suis convaincu – par retour d’expérience – que la notion d’Archipel peut accélérer les processus de métamorphose de nos organisations. Avec le Covid on a encore plus conscience de la défaillance et des vulnérabilités de nos modèles. Il est nécessaire de trouver des économies qui conviennent à ces nouveaux modèles, des stratégies pour mettre en partage l’idée d’un changement de cap sociétal à faire se rencontrer avec les attentes culturelles.
Cela peut activer un changement démocratique. La direction, c’est de trouver ce qui nous rassemble d’abord sur des directions de choix de société, de le documenter, avant d’aller sur des projets plus spécifiques.
Il faut organiser une sorte de référendum citoyen (terme à définir au delà de nos représentations classiques), compter sur un temps suffisamment long pour laisser advenir les changements individuel puis ensuite les changements sociétaux.
Je propose de mettre au commun des éléments pédagogiques et des scénarios stratégiques pour mobiliser plusieurs millions de personnes positionnés démocratiquement sur un changement de cap de notre société
Une recherche-actions-citoyennes peut être lancée sur ces bases pour nourrir le passage d’une économie compétitive à une économie régénérative, et ça passe par des Parcours de Trans-Formations.
Denis V : Repose la question de la Raison d’être de #[[Archipels Osons les Jours Heureux]]
Bruno : Cette recherche-action pourrait s’inscrire dans ce « réservoir des communs partagés » dont parlait Didier.
Denis V : Pour répondre à Alain, Il y a une charte et tout le monde ne va pas participer à l’ensemble des décisions. Il y a les pirogues pour emmener dans l’action.
Je repose la question du rôle de l’archipel OLJH : sa mission n’est elle pas de développer la notion d’archipel?
Bruno : c’est un débat interne à L’archipel OLJH qui pourrait être traité dans une assemblée du lagon.
Philippe L : voit l’Archipel comme un bateau plus que comme une pirogue. Besoin de comprendre ce que la notion d’Archipels apporte mais aussi ses limites.
• Quelle est notre capacité à tenir face aux orages.
• Comment la notion nous permet d’approcher au municipales ?
• A Toulouse, il faut comprendre ce qui a fait que la liste citoyenne à échoué ?
• A Marseille, pourquoi ça n’a pas marché (….?)
Didier : a la suite des élections, on va se lancer, avec d’une part Actions Communes en version statistique/action, et d’autre part la Belle Démocratie sur le côté plus humain, pour les 66 listes citoyennes qui ont gagné les mairies, une série d’interviews, et surtout des conversations. Parce que ce qui est important, en plus des idées des « experts », c’est comment les gens ont vécu la situation au local.
pour l’archipel citoyen de toulouse, c’est prévu dans notre « reporting »
Sonia : pose la question des postures : orientation sur l’évolution de l’Archipel :
• Rôle d’accompagnement ou de fédération de nouveaux archipels :
• Comment on fait pour soigner notre sol, notre mycélium ? je nourris mon sol, les plantes poussent toutes seules.
• Comment on soigne le sol ?
• Quelle est mon identité ? Je peux être impliquée dans un projet mais continuer d’avoir une vision globale.
Lorenzo : Il ya des sessions actuellement au niveau international , européen d’INTERMAPPING. Je rappelle que TRANSISCOPE va sortir une Version 2 avec un Agenda interopérable pour la Fête des Possibles
Selma : a l’idée d’un cirque qui serait un ensemble d’événements passant d’un territoire à un autre comme un laboratoire d’expérimentation pour que les territoires essayent des modes de fonctionnements nouveaux : des espaces-temps pour que des acteurs puissent échanger ;
Il faut s’appuyer sur des événements ce qui permet de faire du lien et de relier des gens de façon humaine. Petit à petit cette idée prend forme à partir d’une co-création et des contraintes de chaque territoire.
Enfin elle revient sur la proposition de David Bodinier de faire une « recherche-actions » sur les Archipels
Bénédicte : Attention aux dérives démocratiques sur internet beaucoup subis dans le cadre de discussions liées à la crise du Covid et à ce qu’il se passe dans les hôpitaux,
Comment aider à déployer cette initiative de réseau libre évoqué lors du mél par Bruno. Pas de réponse mais pose la question…
Patrick : Pourquoi ne pas essayer d’aller tous sur un module sur Frama ?
https://semestriel.framapad.org/p/preparation-29-juin-agora-archipel-9h7t?lang=fr
Didier : pour cette expérimentation à voir avec Frama si ça marche vraiment car il y avait des bugs.
Audrey : je vous remercie pour ces précieux échanges qui me permettent d’approfondir ma connaissance naissante des archipels.
Geneviève : relié aux dialogues Highway en Inde (reconversion de fermiers au bio 6 millions en 2024 qui passent en bio) ça bouge ailleurs aussi !
Bruno : cette rencontre arrive à sa conclusion. Lors de l’agora de février, nous n’avions pas pu proposer de pas suivants. Cette rencontre va nous permettre d’atteindre cet objectif. Sur la base du compte-rendu nous proposerons des orientations. objectif atteint, merci à toutes et tous de la richesse de cette rencontre !
Voici les premières pistes (à compléter)https://semestriel.framapad.org/p/preparation-29-juin-agora-archipel-9h7t?lang=fr
• travailler sur les limites du concept d’archipel, entre autre sur le plan territoriale.
• constituer une bibliothèque où chacun pourrait avoir accès aux projets des archipels et s’y associer avec sa culture propre
• proposer une recherche-action sur les archipels comme le proposait David Bodinier de Grenoble
• étudier la proposition de Philippe Maquet : recherche-action citoyenne pour nourrir le passage d’une économie compétitive à une économie régénérative passe par des Parcours de Trans-Formations
• partager les outils de constitutions des archipels et les retours d’expériences
• lancement d’une pirogue « grand débat national pré-constituant inter-archipel
• travail interarchipel sur l’audition des candidats de 2022
Un tour de météo permet de vérifier la qualité et l’intérêt de la réunion
Annexes :
Questionnaire Archipel (Patrick Viveret)
• 1- quel est « l’océan, » »le lagon », le bien commun, dont personne n’est propriétaire qui vous anime dans votre Projet ?
• 2- en quoi votre « identité racine » contribue t elle à ce bien commun? En quoi peut elle éventuellement constituer un obstacle ou une limitation à cette approche ?
• 3-quelles autres initiatives ( îles- identités racines…) vous paraissent proches et relever de ce bien commun ? Quels obstacles, quels adversaires éventuels, identifiez vous dans cette démarche ?
Sur la base des réponses à ce Premier questionnaire une écoute active sera organisée entre les îles ou identités racines de projets ayant en commun le même Océan ou bien commun. Après cette écoute active agrémentée de questions d’éclaircissement d’autres questions pourront alors être abordées :
• 4- quelles relations envisagez vous de créer avec d’autres îles afin de mieux contribuer au bien commun identifié?
• 5-Quelles alliances envisagez vous face aux obstacles identifiés ?
• 6-Quelle forme d’action dynamique (de type judo social) envisagez vous face à des forces adverses afin de transformer de la violence en conflit et des ennemis en adversaires ?
Présentations des archipels préalables à la réunion
Archipels en symbiose
• • Formalisation et documentation de la stratégie prévue au sortir du confinement pour fixer un cap 2030, avec une échéance intermédiaire prévue pour 2022
• Map-road en version V.0 (uniquement placée à titre informatif)
• https://www.bio-scene.org/article/feuille-de-route-symbiose-2030
• => partie intégrante d’une dossier thématique multimédia, qui sera raccroché à un parcours-web interactif et contributif pour offrir un espace pédagogique, citoyen et ludique pour diffuser la « Pensée en Archipels »
• => Exemple de parcours sur le principe de balade virtuelle déployé à partie d’une stratégie « Faire connaitre la Biodiversité »opérationnelle depuis 2007 et ayant pour vocation d’être dédié aux communs et co-construit de façon coopérative avec l’ensemble des acteurs de la Transition
• => https://www.bio-scene.org/article/pro8pos-de-bio-sc%C3%A8ne
• => https://www.bio-scene.org/panoramique/digue-saint-hubert
• • Mise en place d’un certain nombre de partenariats opérationnels pour initier la stratégie « Territoires en expériences » sur quelques territoires géographiques, à terme mis en Archipels et accompagnés dans le cadre de « parcours de Trans-Formations »
• • Formalisation en cours d’un document de présentation vulgarisé d’une « mise en archipels de la société » à partir d’un fonctionnement en « recherche-actions-citoyennes » et d’un principe de démocratie contributive
• Version V.0 placée à titre informatif > https://www.bio-scene.org/sites/default/files/Faire-Archipels.pdf
• • Mise en Archipel opérationnel via la constitution de l’Archipel Kyosei localisé sur Lyon (Site Internet en cours de mise en ligne) composé d’une soixantaine de professionnels de l’accompagnement au changement des organisations, des individus et des territoires
• https://www.notion.so/Archipel-Kyosei-93368e15506643e7ade9038e915c5858
• • Série de podcasts pendant et post-covid pour capitaliser sur l’expérience vécu par la moitié de la population mondiale et en tirer des enseignements en termes de vulnérabilités de nos modèles actuels pour organiser collectivement une métamorphose en profondeurs de nos modèles économiques et humains (Paix économique) grâce à la mise en archipels de la société. (Recherche-Actions-Citoyennes)
• https://www.bio-scene.org/group/all/collection?combine_op=contains&combine=podcast

Archipel Osons les Jours Heureux
• Travaux des 12+1 fondamentaux
• Cartographie relationnelle mise en place : https://osonslesjoursheureux.net/wiki/?Panorama
• Liens et accompagnement : archipels planétaires (VOS, Dialogues, FSMET, FSM2021…), Archipel Arc-en-Ciel, Archipel des acteurs politiques, Archipel écologique et solidaire (lien entre la pirogue propolis et la pirogue contenu entre les deux archipels)…
• Volets citoyens, entreprises et institutions…
• Liens entre les pactes (transition, pouvoir de vivre, plus jamais ça…) dans les logiques de tisserands.
• Nanoub : liens avec des ripostes créatives territoriales (bordeaux, T&G…), apports sur transformation personnelle, collective et sociale
Archipel convivialiste
• issu de pouvoir citoyen en marche, l’archipel convivialiste réunit celles et ceux qui se reconnaissent dans le manifeste convivialiste et qui placent la coopération et le dialogue entre personnes et organisations comme centraux face aux enjeux écologiques, sociaux et démocratiques.
• Il se propose de favoriser la collaboration entre les trois pactes de propositions : « Pacte Pouvoir de Vivre », « Pacte pour la Transition » et « Plus Jamais Ca ».
La crise Covid et l’expérience des Riposte Creative en archipel
• deux articles qui retracent cette démarche
• Ce que nous apprenons des Riposte Créative, une démarche d’écriture collaborative réutilisable
• http://www.cooperations.infini.fr/spip.php?article11386
• et Les espaces « Riposte Creative » pour donner à voir et « préparer l’après »
• http://www.cooperations.infini.fr/spip.php?article11371

Rencontre des archipels


Le 28 Juin à la Halle Civique – Paris 20

Ordre du jour :


Ici vous pouvez apporter votre contribution, et vous imprégner de celle des autres
Rappel de l’ordre du jour actuellement prévu:
Rappelons que « Dans la Grèce antique, l’agora (du grec ἀγορά) a d’abord désigné la réunion de l’ensemble du peuple ou du Conseil d’une cité pour l’exercice de leurs droits politiques, avant de désigner la place publique qui porte le même nom.
L’agora, espace public de rassemblement social, politique et mercantile de la cité, est avant tout le marché, en même temps que le rendez-vous où l’on se promène, où l’on apprend les nouvelles, où se forment les courants d’opinion » (wikipédia)
1 : où en sont nos archipels, comment avancent t’ils ?
• 2 : partage des travaux de l’archipel citoyen « Osons les jours Heureux » sur les fondamentaux d’un archipel.
• 3 : construire ensemble l’avenir : proposition de co-construction de la suite, en agora permanente ? en agora ouverte en décembre/janvier ? ouverte à tous ? par exemple autour du principe : faire connaître et enrichir la notion d’Archipel ?
Poser ici vos propositions d’évolution/ajouts/changements à l’ordre du jour.
• L’archipel de l’écologie et des solidarités :
• pt 2 : Nécessité de formaliser la démarche archipélique pour le grand public, et aussi de fédérer le vocabulaire que nous utilisons pour le vulgariser
• pt 3 : Il me semble nécessaire de clarifier dans les médias, donc du grand public, ce que nous entendons par le mot archipel, et de la démarche archipélique

Les nouvelles de nos archipels
n’hésitez pas à laisser ici les nouvelles que vous souhaitez communiquer avant la réunion.

  • L’archipel de l’écologie et des solidarités
    • Il a été fondé le 17 juillet, et sa première assemblée générale s’est tenue le 19 septembre. Il compte à ce jour 18 organisations, 9 à vocation politique,, et 9 non politiques, civiques. Il compte aussi une cinquantaine de personnes appelées des compagnons ou compagnonnes. Le voilier atelier est structuré en quatre équipes de bénévoles, l’animation, la logistique, la communication, et les finances.
    • Les archipels qui le souhaiteraient peuvent y adhérer en tant qu’organisation comme l’on déjà fait plusieurs archipels en validant sa charte et ses règles de gouvernance.
    • Rédacteur Denis Guenneau
  • Les Archipels en Symbiose – (Renseigné par Philippe Macquet – 181020 – 13h30 – pmacquet@bio-scene.org)
    • Courte vidéo de présentation > https://www.bio-scene.org/media/lespoir-et-la-volonte%CC%81
    • Représente un collectif ouvert et en centre vide pour contribuer à la mise en archipels de la société à partir d’une approche pragmatique et un accompagnement des individus, des organisations et des territoires à la mise en résilience.
    • Ceci se décline à travers la mise en place de parcours de Trans-Formations et au déploiement d’un réseau coopératif qui existe depuis 2007 [ Bio-Scène ] et qui était déjà organisé en Archipels, avant que le terme ne viennent révéler notre stratégie Symbiose-2030.
    • La Vallée de la Drôme [ https://www.bio-scene.org/node/3815 ] est un exemple concret de cette stratégie et fonctionne en étude de cas sous la forme de Recherche-Actions-Citoyennes qui peuvent se résumer en 4 phases :
    • 1-Observation-imprégnation pour activer un déclic de conscience
    • 2-Infusion
    • 3-Percolation
    • 4-Métamorphose
    • En 3 mois de temps passés sur place entre mi-juillet et mi-octobre, nous avons produit les 3 premières étapes et 2021 (et les années à venir…) vont s’attacher à accompagner la phase 4, la plus passionnante. Tout ceci sera documenté pour partager les résultats de cette recherche-actions citoyennes et l’enrichir d’autres expériences territoriales biodiverses.
    • En parallèle, nous oeuvrons, toujours en Archipels, à ouvrir d’autres territoires en expériences, qui sont actuellement au nombre de 5 concrètement engagés et qui vont suivre le même processus organique pour ensemble s’auto-alimenter.
    • La finalité globale consiste à mettre en place des modèles d’économie coopérative qui soient :
    • redistributif, régénératifs et entièrement dédiés aux communs et à produire des espaces innovants de « Démocratie contributive » pour associer en synergies coopératives, ce que nous identifions les « 4 piliers d’un territoire » :
    • Collectivités
    • Entreprises
    • Associations
    • et surtout CITOYENS

    • Présentation 3 minutes
    • Etat d’avancement #[[Archipels en Symbiose]]
    • Plusieurs ancrages territoriaux en cours de mise en Archipels à partir d’un PCR (#[[Plan Concerté de Résilience]]) et d’un principe de #[[Web-doc participatif]]
    • Documentation > https://www.bio-scene.org/blog/parcours-web-en-vall%C3%A9e-de-la-dr%C3%B4me-diois
    • Vallée de la Drôme – Diois
    • Val d’Argent (Alsace)
    • Val d’Oingt (Rhône)
    • Laillé (Ille-et-Vilaines) > Partenariat avec La Bascule – Archipel
    • Saint-Julien-d’Ance (Haute-Loire)
    • Lavelanet (Ariège)
    • 2 gros projets en émergence systémique
    • Lyon et ses régions > partenariat avec Lyon métropole et financements ad-hoc
    • Bordeaux et ses régions > première fondation posée
    • Mise en Symbiose avec différents acteurs tels
    • ANCT -Soutien financier en émergence pour co-développer une version V.2 de Bio-Scène sur des bases de web sémantique
    • Assemblée virtuelle > Interopérabilité technique et d’ingénierie pédagogique avec #Transiscope et #[[Les Chemins de la Transition]]
    • Projet d’un MOOC pour diffuser largement la #[[Pensée en Archipels]] et #Faire-Symbiose pour mieux affronter les enjeux présents et futurs
    • Documents à mettre aux communs
    • Faire Archipels
    • Feuille de Route Symbiose-2030
    • Boussole de la Sérénité
    • D’autres archipels tels
    • #[[Archipel Kyosei]]
    • #[[Archipel des Alizées]]
    • #[[Archipel des Transitions, en Dordogne Périgord]]
    • #[[Le Super Collectif]]


    L’archipel La Bascule – Renseigné par Marion – (Nouvellement affiliée au rôle du Voilier pour cet archipel depuis septembre).
  • 5 îles à l’heure actuelle: https://la-bascule.org/les-iles/
  • Une archipelisation relativement récente: Printemps 2019.
  • Une cinquantaine de membres actifs composent l’archipel actuellement.
  • De nouvelles îles sont amenées à rejoindre prochainement le collectif.
  • Notre raison d’être: « Renforcer la coopération de collectifs autonomes partageant l’ADN basculeurs et la détermination à basculer vers un modèle de société résilient et respectueux du Vivant ».
  • Une réflexion de fond est menée en ce moment sur un plan de communication pour l’Archipel.
  • Réflexion sur l’agrandissement de l’Archipel ?
  • Réflexion sur la vulgarisation des termes liés à l’archipel (Merci pour le travail mené par Osons les jours heureux)
  • Egalement sur le maintient des liens entre les différentes îles, la co-construction à distance, les limites du virtuel…
  • Ce paragraphe de présentation et de nouvelles est relativement court car je n’ai pas encore pu m’approprier le projet dans sa globalité pour le moment. Simplement je souhaitais vous partager les « chantiers en cours » pour l’archipel.
    VIRAL OPEN SPACE
    Né dans un contexte marqué par la pandémie Covid-19, le Viral Open Space (VOS) propose un processus apprenant, ponctué par des événements en ligne, s’inspirant des expériences des Forums Sociaux Mondiaux et autres espaces transnationaux de mobilisation (lire le texte d’intention du VOS). Il s’agit principalement de contribuer à rendre visible, à travers le monde, les réponses citoyennes positives aux crises écologiques, sociales et démocratiques
    Depuis mars dernier, cinq éditions du VOS ont réuni des collectifs des quatre coins du monde, se rapprochant par exemple d’autres initiatives comme le Forum social d’Économies transformatrices et les Dialogues en humanité. Ce mois-ci, le processus se poursuit et se consolide!
    Le Viral Open Space participe à la construction d’un archipel citoyen planétaire, comme une vision de notre écosystème à travers l’Océan qui relie. Les identités/racines des un.e.s et des autres peuvent ainsi être respectées et devenir fécondes sans être isolées et s’assécher. C’est la possibilité pour notre humanité d’être à la fois Une, tout en se reconnaissant Plurielle. Le processus du Viral Open Space est un bien commun de ses participant.e.s. dont aucun.e ne peut s’en dire propriétaire.
    Pour en savoir plus: https://www.viralopenspace.net/fr/

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    Rappel des présentations pour l’Agora « Vous avez dit Archipel ? » du 28 juin 2020
    Archipels en symbiose
    • • Formalisation et documentation de la stratégie prévue au sortir du confinement pour fixer un cap 2030, avec une échéance intermédiaire prévue pour 2022
    • Map-road en version V.0 (uniquement placée à titre informatif)
    • https://www.bio-scene.org/article/feuille-de-route-symbiose-2030
    • => partie intégrante d’une dossier thématique multimédia, qui sera raccroché à un parcours-web interactif et contributif pour offrir un espace pédagogique, citoyen et ludique pour diffuser la « Pensée en Archipels »
    • => Exemple de parcours sur le principe de balade virtuelle déployé à partie d’une stratégie « Faire connaitre la Biodiversité »opérationnelle depuis 2007 et ayant pour vocation d’être dédié aux communs et co-construit de façon coopérative avec l’ensemble des acteurs de la Transition
    • => https://www.bio-scene.org/article/pro8pos-de-bio-sc%C3%A8ne
    • => https://www.bio-scene.org/panoramique/digue-saint-hubert
    • • Mise en place d’un certain nombre de partenariats opérationnels pour initier la stratégie « Territoires en expériences » sur quelques territoires géographiques, à terme mis en Archipels et accompagnés dans le cadre de « parcours de Trans-Formations »
    • • Formalisation en cours d’un document de présentation vulgarisé d’une « mise en archipels de la société » à partir d’un fonctionnement en « recherche-actions-citoyennes » et d’un principe de démocratie contributive
    • Version V.0 placée à titre informatif > https://www.bio-scene.org/sites/default/files/Faire-Archipels.pdf
    • • Mise en Archipel opérationnel via la constitution de l’Archipel Kyosei localisé sur Lyon (Site Internet en cours de mise en ligne) composé d’une soixantaine de professionnels de l’accompagnement au changement des organisations, des individus et des territoires
    • https://www.notion.so/Archipel-Kyosei-93368e15506643e7ade9038e915c5858
    • • Série de podcasts pendant et post-covid pour capitaliser sur l’expérience vécu par la moitié de la population mondiale et en tirer des enseignements en termes de vulnérabilités de nos modèles actuels pour organiser collectivement une métamorphose en profondeurs de nos modèles économiques et humains (Paix économique) grâce à la mise en archipels de la société. (Recherche-Actions-Citoyennes)
    • https://www.bio-scene.org/group/all/collection?combine_op=contains&combine=podcast

    Archipel Osons les Jours Heureux
    • Travaux des 12+1 fondamentaux
    • Cartographie relationnelle mise en place : https://osonslesjoursheureux.net/wiki/?Panorama
    • Liens et accompagnement : archipels planétaires (VOS, Dialogues, FSMET, FSM2021…), Archipel Arc-en-Ciel, Archipel des acteurs politiques, Archipel écologique et solidaire (lien entre la pirogue propolis et la pirogue contenu entre les deux archipels)…
    • Volets citoyens, entreprises et institutions…
    • Liens entre les pactes (transition, pouvoir de vivre, plus jamais ça…) dans les logiques de tisserands.
    • Nanoub : liens avec des ripostes créatives territoriales (bordeaux, T&G…), apports sur transformation personnelle, collective et sociale
    Archipel convivialiste
    • issu de pouvoir citoyen en marche, l’archipel convivialiste réunit celles et ceux qui se reconnaissent dans le manifeste convivialiste et qui placent la coopération et le dialogue entre personnes et organisations comme centraux face aux enjeux écologiques, sociaux et démocratiques.
    • Il se propose de favoriser la collaboration entre les trois pactes de propositions : « Pacte Pouvoir de Vivre », « Pacte pour la Transition » et « Plus Jamais Ca ».
    La crise Covid et l’expérience des Riposte Creative en archipel
    • deux articles qui retracent cette démarche
    • Ce que nous apprenons des Riposte Créative, une démarche d’écriture collaborative réutilisable
    • http://www.cooperations.infini.fr/spip.php?article11386
    • et Les espaces « Riposte Creative » pour donner à voir et « préparer l’après »
    • http://www.cooperations.infini.fr/spip.php?article11371

A regarder ailleurs pendant que sa propre maison terrienne est en train de brûler, notre communauté humaine ressent de plus en plus les effets destructeurs de sa propre irresponsabilité. Au lancement de leur agenda 2020-2030, les Nations Unies ont annoncé que nous entrons dans une décennie critique. Une décennie dont il n’est pas exagéré d’affirmer qu’en dépend le devenir et la Vie même de notre humanité. C’est vrai de la Vie biologique menacée par un écocide : dérèglement climatique, destruction de la biodiversité, pollutions affectant des biens aussi vitaux que l’air, l’eau, la terre, pandémies mortelles, mais aussi des risques liés au nucléaire civil ou militaire, aux actes terroristes et aux guerres induites par l’accroissement des inégalités mondiales. Mais c’est vrai aussi d’une menace dont nous avons moins conscience, celle d’un hiver nucléaire accidentel résultant de l’automatisation d’armes de destruction massives pouvant nous plonger dans l’enfer si, dans ce domaine aussi, nous prolongeons notre inconscience.

Ces exemples nous alertent à la fois sur l’ampleur d’une possible tragédie pour l’humanité mais aussi sur les moyens de choisir la voie de la Vie plutôt que celle d’impasses mortifères. C’est bien parce que certains ont mis leur intelligence au service de la destruction, plus qu’au service de notre capacité à vivre en paix, que nous sommes aujourd’hui menacés par l’anéantissement de notre habitat terrestre.

Comme le dit notre ami Edgar Morin, nous sommes plus des « homo sapiens-démens » que des « homo-sapiens-sapiens », dont l’intelligence oscille entre la folie et cette sagesse qui nous est désormais indispensable pour faire face aux défis colossaux immédiats.

Pour une décennie du sursaut

Pourtant, ce qui peut nous conduire à l’abîme peut aussi nous mettre sur le chemin de l’espérance. Car si nous devenions pour de bon des sapiens-sapiens, si nous étions capables de mettre notre intelligence mentale au service de cette intelligence du cœur qu’est la sagesse, alors cette décennie aujourd’hui si mal engagée pourrait devenir au contraire celle du sursaut, celle de l’ouverture d’une nouvelle période de l’histoire humaine.

Une nouvelle ère engagée non plus seulement dans le long processus biologique de l’hominisation mais dans le chemin politique, éthique, spirituel, de sa pleine humanisation. Ce défi-là est à notre portée si nous savons opérer le même changement de posture et de regard qui est celui des terriens qui deviennent astronautes. Ils comprennent, lorsqu’ils voient notre terre vue de l’espace, à quel point une autre voie est possible : celle qui associe l’émerveillement devant la beauté de notre planète bleue, la conscience de notre fragilité et l’exigence de notre responsabilité. Alors, comme le dit l’un d’entre eux, si auparavant nous regardions notre seul pays, très vite c’est la terre dans sa globalité et ce peuple de la terre dans son ensemble qui nous deviendraient chers.
Avons-nous besoin d’aller dans l’espace pour comprendre la nécessité de ce changement de posture ? Évidemment non. Chacun de nous peut le comprendre à condition d’ouvrir les yeux et de faire vivre cet esprit de fraternité qu’évoque la Déclaration Universelle des droits humains. Mais pour allier l’exigence de justice sociale, celle de la responsabilité écologique à celle des droits humains, il nous faut opérer une transformation par rapport à notre Vision dominante de l’économie et de la politique.

  • Pour l’économie il nous faut repartir des richesses réelles de ce qui compte, de ce qui nous permet de vivre pleinement et faire en sorte que ce que nous appelons la monnaie fiduciaire soit un moyen au service de la vie et non l’outil de sa destruction.
  • Et pour la politique il nous faut comprendre que l’art de vivre en paix dans la cité, mais cette fois la cité de la terre, est notre enjeu le plus essentiel. C’est à cette condition que nous serons capables de conjuguer responsabilité écologique, justice sociale, promotion des droits humains et la liberté qui leur est associée.

C’est à un nouvel humanisme revisité par les principes du convivialisme et l’exigence écologique du respect du Vivant qu’il nous faut désormais œuvrer.

La responsabilité du peuple français

En quoi notre propre peuple, le peuple français, peut-il contribuer à réussir dans cette voie ? En choisissant d’abord de se situer pleinement dans cette perspective radicale d’humanité que nous venons d’évoquer. Nous sommes l’un de ces peuples de la Terre et nous ne nous sauverons pas seuls si, par malheur, notre humanité venait à disparaître ou à s’abîmer dans d’immenses régressions. Nous ne nous sauverons pas seuls en nous repliant sur nous-mêmes, en fermant nos frontières. Ce qui est requis par les défis de l’heure, c’est une France exemplaire sur la triple exigence écologique, solidaire et démocratique, une France qui propose à l’Europe de s’engager pleinement au service d’une grande alliance pour la Vie et les droits humains. C’est cette France-là qui doit se placer au cœur des changements économiques et politiques, mais aussi éducatifs et culturels dont nous avons besoin.

C’est par rapport à cette exigence de justice sociale, de responsabilité écologique, d’approfondissement de la démocratie et des droits humains, que les acteurs qui la portent naturellement doivent se rassembler et réussir cette grande Transition, tant dans nos villes que dans nos régions en 2021 et dans notre grand débat national en 2022.

Nous ne pouvons plus nous permettre cette rivalité dévastatrice qui a conduit à l’échec les familles politiques qui se réclament de l’exigence écologique, de la justice sociale et des droits humains. Nous avons besoin de nous rassembler sans nier nos différences et même nos divergences. Nous avons besoin de construire une proposition pour nos concitoyennes et nos concitoyens qui conjugue le respect de ces différences et la construction d’une réponse commune. C’est le vrai sens d’un « Archipel », qui ne se réduit pas à la fragmentation de ses îles mais construit un espace commun qui refuse la domination de quiconque, qu’il soit puissance d’argent, de domination politique ou de dogme religieux.

C’est pour réussir cet archipel que la palette de couleurs d’associations, de syndicats, d’entreprises, d’organisations politiques, de recherches intellectuelles, de transformations éducatives et culturelles… doit rayonner lors des grands débats publics à venir et porter une grande alliance au service de la Vie.

Voilà l’Archipel présenté simplement en quelques phrases et en visuels :
( Illustrations de Claire Usunier)

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Claude Henry – V2/début mars 2017)

La notion d’archipel a été souvent utilisée depuis trois ans dans le Collectif « Pouvoir citoyen en marche », continuation des « Etats généraux du pouvoir citoyen ». Elle est devenue pour beaucoup une « aide à penser » l’aventure intellectuelle et politique dans laquelle ce groupe s’est engagée face à la situation mondiale, courant 2013. Sans prendre le temps d’approfondir sa signification, même si nul n’ignorait qu’elle avait sa source dans la pensée du magnifique auteur Edouard Glissant, originaire d’une des îles de l’archipel le plus connu en France, celui des Caraïbes.

La notion évoquait tout de suite, pour qui la découvrait, une réalité tangible : celle de plusieurs îles rassemblées par une même géographie proche, mais que les chocs de l’Histoire avaient entrainé dans des cultures et des  institutions spécifiques. Se servir de cette analogie parlait directement à l’esprit – on peut même dire au cœur – de celui/celle qui percevait la diversité de nos organisations et qui voyait avec tristesse la difficulté pour cet ensemble de devenir une large force socialement utile et reconnue, dès lors que chaque structure était souvent trop prise par son quotidien et ses propres histoire et références.

Alors que la capacité de conviction de la notion s’étendait, certaines critiques lui furent adressées, sans que soit toujours compris jusqu’où elle avait sa pleine utilité, et là où il faudra la compléter. L’heure est donc venue de prendre le temps de relire avec soin ses origines, le « complexe d’idées » dont elle est formée.

I – Le contexte de son usage aujourd’hui

On peut estimer que la pensée de Glissant vient à propos pour nourrir la réflexion de plusieurs des associations françaises désirant construire entre elles quelque chose de commun, pour peser sur les sphères du politique et des media, pour proposer la Société Civique ([1]). Et lever ainsi quelques difficultés rencontrées, au delà de passerelles qu’elles ont pu lancer entre elles, depuis le début des années 2010, telles la préparation des EGR ([2]), la construction de plusieurs réseaux (dont les Colibris et le Pacte civique), des opérations comme « Libérons les élections » – en 2012 -, plus récemment le Collectif de la transition citoyenne et son Festival annuel, et à partir d’octobre 2013, ce qui deviendra le Collectif « Pouvoir citoyen en marche » ([3]).

Certes, nous ne sommes plus dans un univers esclavagiste, mais nous savons que la démesure et la maltraitance de la société-monde – Glissant propose de parler de mondialité , laissant le nom de mondialisation pour désigner la globalisation financière – exigent de nous « redresser », de nous mettre en situation de « créer » un mouvement immense de métamorphose humaine (voir « La cause humaine » de Patrick Viveret). En nous « créolisant » ? En créant une nouvelle langue et une nouvelle culture ? Nous sommes, en tant que Société civique, face aux « continents » des forces politiques et médiatiques qui entendent avec peine ce que nous portons ; nous avons aussi beaucoup de mal à nous organiser. Comment devons nous chercher à exprimer notre propre parole et notre imaginaire commun ?

Dans chacun de nos regroupements, la question de la différence vient vite à l’esprit, puis quand nous devenons nombreux, celle de la diversité ;  un point crucial apparaît alors : comment faire ensemble, se rassembler, se connaître ? Comment ne pas se laisser impressionné par le risque d’émiettement et de dispersion ? Et aussi, très vite, comment concevoir la gouvernance du regroupement…La crise de la représentation politique nous enjoignait à chercher à exprimer ce que portait en elle la société civile, les multiples alternatives développées en France depuis le surgissement de l’alter-mondialisme, sous les formes les plus diverses, de l’AMAP à la monnaie locale, du féminisme au retour du spirituel – bien au delà des tensions religieuses que l’on met en avant pour éviter de voir les aspects positifs de ce retour. Dans la plupart des domaines, des solutions, testées dans des réalisations d’ampleur significative, sont disponibles: agriculture, éducation, sante, qualité démocratique, finance solidaire, énergie, culture… Voir le petit livre « Et nous vivrons des jours heureux » Actes Sud.

On soutient ici que le « changement de paradigme » que nous recherchons nous met dans une situation qui n’est pas sans analogie avec ce que les dominés colonisés recherchaient et recherchent encore.


[1] On désigne sous ce terme la mise en commun de la société civile s’intéressant à la transformation sociale, de la société politique résolue à s’engager dans cette transformation et non à rester dans les seuls jeux de pouvoir, et de la société médiatique qui refuse de faire de la communication pour promouvoir les vertus du journalisme. Ce concept a été proposé par Patrick Viveret

[2] EGR Etats généraux du Renouveau, rencontres annuelles organisées à Grenoble pendant trois années (2010/2012), en janvier, par le journal Libération.

[3] Les organisations les plus actives dans « Pouvoir citoyen en marche » sont le Collectif Roosevelt, les Convivialistes, le Pacte civique, Pouvoir d’Agir, Le Labo de l’ESS, les Dialogues en Humanité, Chemin faisant…

II – Un examen attentif de la pensée d’Édouard Glissant,

Transmettre sans la trahir la pensée d’Édouard Glissant n’est pas simple, car, comme sa langue même, elle se développe en volutes successives et ses concepts principaux, tous faisant système entre eux, se trouvent dans des textes différents répartis dans divers livres – désignés ici par de simples sigles de repérage: POR « Poétique de la Relation », Gallimard, 1990 ; PR « Philosophie de la Relation », 2009; IL « Imaginaire des langues », 2010 (ces trois livres sont édités chez Gallimard).

On peut entrer dans l’univers mental d’Edouard Glissant de plusieurs manières, par intérêt pour les traces laissées par l’esclavage (Césaire, Nizan), ou par souci de connaître un imaginaire immense et bigarré, ou encore pour la beauté de la langue d’un des plus grands auteurs caribéens. Ou par tous ces chemins.

À titre d’exemple, et juste pour le plaisir de la lecture, voici comment en quelques phrases, il nous donne à voir un aspect de la beauté de l’île dont il est originaire.

« La plage du Diamant, dans le sud de la Martinique, vit d’une manière souterraine et cyclique. Dans les mois d’hivernage, elle se réduit à un couloir de sables noirs, venus on dirait des côtes d’en haut, là où la Pelée ramage ses frondaisons de laves brisées. Comme si la mer entretenait un commerce souterrain avec le feu caché du volcan. Et j’imagine ces nappées sombres en roule sur le fond marin, convoyant jusqu’à l’espace aéré d’ici ce que l’intensité du Nord a mûri de nuit et de cendres impassibles » (POR, page 135)

Puis un autre extrait, plus proche de notre intention actuelle :

« Penser que sa propre valeur entre dans un entrecroisement de valeurs, c’est un beaucoup plus grand, noble et généreux projet que celui de tenter que sa propre valeur devienne valable pour le monde entier » IL p 45

Raphaël Confiant a écrit sur Edouard Glissant, au moment du décès de ce dernier (février 2011): « Glissant est le premier, dans la sphère francophone en tout cas, à avoir analysé (et célébré) le processus de créolisation qui a donné naissance à nos sociétés, prenant congé d’un seul coup avec ce qu’il appelait nos arrière-mondes à savoir l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Mais prendre congé ne signifie nullement rejeter ou renier, comme insinuent certains esprits obtus, mais tout simplement vouloir habiter son lieu et son histoire.
Chercher à exprimer sa propre parole. Que nous le voulions ou nom, notre lieu de naissance est l’Habitation. C’est dans l’enfer esclavagiste que nos ancêtres se sont peu à peu redressés, qu’ils ont cessé d’être des sous-hommes ou des bêtes de somme et qu’ils ont créé de toute pièce une nouvelle langue et une nouvelle culture pour devenir des êtres humains à part entière. « Créole » vient du latin « creare » qui signifie « créer » ».

L’auteur de « Malemort », poursuit Raphaël Confiant, préférait partir à la recherche de ce qu’il a appelé « la poétique créole » c’est-à-dire cette manière particulière que nous avons, en tant que peuple, d’organiser notre discours, d’élaborer une rhétorique qui nous est propre.

http://blog.manioc.org/2011/02/hommage-edouard-glissant-par-raphael.html

Vient alors une question simple : Chacune de nos organisations de la société civique de transformation (SCT), tout en développant sa propre « poétique » ne peut-elle pas se penser, et être pensée, comme une ile d’un archipel, dans une dynamique de la Relation, telle que l’a proposée E.Glissant ? 

« La poétique n’est pas un état du rêve et de l’illusion, mais c’est une manière de se concevoir, de concevoir son propre rapport à soi-même et à l’autre et de l’exprimer » IL p.44

Deux  brèves citations supplémentaires vont nous rappeler à quel niveau l’auteur pose sa réflexion : celui d’une zone du monde dominée par la pensée coloniale drapée dans l’Universel, au regard duquel il veut construire une Relation plus égalitaire entre des Différents. Mais aussi dans un moment du monde où le métissage se généralise, dont il met en valeur la forme actuelle, qu’il appelle la « créolisation ». Relisons le :


« La différence, ce n’est pas ce qui nous sépare. C’est la particule élémentaire de toute relation. C’est par la différence que fonctionne ce que j’appelle la Relation avec un R ». IL page 91


« La pensée de la Relation ne confond pas des identiques, elle distingue entre des différents, pour mieux les accorder… Dans la Relation, ce qui relie est d’abord cette suite des rapports entre les différences, à la rencontre les unes des autres… La Relation se renforce quand elle (se) dit. Ce qu’elle relate, de soi-même et par soi-même, n’est pas une histoire (l’Histoire) mais un état du monde, un état de monde.
Il se réalise alors que la Relation n’a pas de morale, elle crée des poétiques et elle engendre des magnétismes entre les différents. La relation n’infère aucune de nos morales, c’est tout à nous de les y inscrire, par un effort terriblement autonome de la conscience et de nos imaginaires du monde » PR page 72

Mais pour qu’il y ait Relation, il faut que l’identité des différents qui se rencontrent soit assurée ; et Glissant de poser, bien avant les débats actuels sur les identités :

« L’identité n’est plus seulement permanence, elle est capacité de variation, oui, une variable, maitrisée ou affolée … L’identité comme système de relation, comme aptitude à « donner avec », est … une forme de violence qui conteste l’universel généralisant et requiert d’autant plus la sévère exigence des spécificités. Mais elle est difficile à équilibrer » POR 155/157

Si nous posons le métissage comme en général une rencontre et une synthèse entre deux différents, la créolisation nous apparaît comme le métissage sans limites, dont les éléments sont démultipliés, les résultantes imprévisibles. La créolisation diffracte…Elle emporte dans l’aventure du multilinguisme et dans l’éclatement inouï des cultures. Mais l’éclatement des cultures n’est pas leur éparpillement, ni leur dilution mutuelle. Il est le signe violent de leur partage consenti, non imposé. POR p 46/47

Le monde se créolise, toutes les cultures se créolisent à l’heure actuelle dans leurs contacts entre elles IL p32… Je peux changer en échangeant avec l’autre, sans me perdre et me dénaturer IL p 81

 En continuité avec cet appel à « l’identité comme système de relation », Glissant propose alors les trois concepts qui nous ont paru si adéquats à notre propre situation : l’identité-racine, l’identité-relation et l’archipel:

L’identité-racine

– est liée, non pas à une création du monde, mais au vécu conscient et contradictoire des contacts de culture ;

– est lointainement fondée dans une vision, un mythe, de la création du monde ;

– est sanctifiée par la violence cachée d’une filiation qui découle avec rigueur de cet épisode fondateur

– est ratifiée par la prétention à la légitimité, qui permet à une communauté de proclamer son droit à la possession d’une terre, laquelle devient ainsi, territoire

– est préservée, par la projection sur d’autres territoires qu’il devient légitime de conquérir – et par le projet d’un savoir.

L’identité-racine a donc ensouché la pensée de soi et du territoire, mobilisé la pensée de l’autre et du voyage

L’identité-relation

– est liée, non pas à une création du monde, mais au vécu conscient et contradictoire des contacts de culture ;

– est donnée dans la trame chaotique de la Relation et non pas dans la violence cachée de la filiation ;

– elle ne conçoit aucune légitimité comme garante de son droit mais circule dans une étendue nouvelle

– ne se représente pas une terre comme un territoire, d’où on projette vers d’autres territoires, mais comme un lieu où on « donne-avec » en place de « com-prendre »

L’identité-relation exulte la pensée de l’errance et de la totalité. POR page 157/158

III – En quoi la pensée de Glissant nous aide t-elle à voir autrement la triade identité/ relation/ réseau, et à mettre en commun nos forces tout en mettant à distance nos « egos organisationnels » ?

Par delà le style flamboyant de l’auteur, on rejoint la tension vécue par nos organisations : convaincues, souvent à juste titre, de l’importance de leur raison d’être, héritières chacune d’une histoire souvent honorable, prisonnières parfois de quelque rigidité et de cicatrices internes mal fermées, elles voient bien la nécessité de se relier pour compter dans la transformation collective souhaitée par un très grand nombre d’autres structures, avec le sentiment qu’il faut privilégier ce qui rassemble et laisser en retrait – sans le nier – ce qui divise, si on veut aller vers un changement assez radical d’un monde divers et dangereux, affronté à des problèmes communs colossaux,  l’épuisement des solutions de la mondialisation financière, la survie de l’humanité dans son éco-système, les flux migratoires, les nouveaux équilibres géo-politiques, etc… Dans la recherche de mutualisation que mène la société civile de transformation (SCT) dans nos pays, au sein de la grave crise quadruple du politique, de l’économique, du social et de l’environnement, et face aux pensées « continentales » des partis et aux pensées « communicationnelles » des médias, la métaphore de l’archipel va nous être  très utile. Chaque entité de la SCT peut être pensée comme une île d’un archipel. Chaque grand réseau/plateforme peut être considéré comme un archipel plus ou moins abouti, avec les caractéristiques que l’on verra plus bas.  Et des archipels d’archipels peuvent apparaître. La diversité de nos

organisations résonne bien avec l’image d’une multitude d’iles…parfois même avec celle d’une poussière d’îles…

Dans un archipel physique, il n’y a pas de centre, chaque ile construit son chemin, porteur de sa propre culture, de sa « poétique », dans son « lieu », ouvert aux autres, et en recherche de construction archipélique avec les « îles » les plus proches – ou avec des îles dans d’autres archipels. Il s’en suit des « créolisations » entre iles voisines qui s’étendent bientôt aux iles plus éloignées puis vers d’autres archipels. Bien que certaines îles portent plus que d’autres l’énergie de créolisation, toutes les îles et archipels sont travaillés par le désir de Relation.

Glissant n’a pas donné d’éléments concrets qui permettent d’expliquer l’émergence et le développement de l’archipel. On peut même dire qu’il n’a pas construit « théoriquement » ce concept. Il l’a défini plus comme potentialité, permettant d’échapper au risque de la pensée « continentale » qui peut être portée – et imposée – par certaines îles, qui peuvent avoir la tentation de reconstruire un « universel », à partir de leur « lieu », et au risque « d’un engluement, d’une dilution ou d’un arrêt dans des agglomérats indifférenciés » POR page 156

Dans cette perspective positive, chaque entité a son « lieu », sa « poétique », son identité. Cette dernière est entretenue comme identité-relation, à partir d’une identité-racine, respectée, mais guérie de tout désir de devenir universelle. L’identité-relation favorise la créolisation qui à son tour renforce l’identité-relation. L’appartenance à « mon lieu » et la relation sont alors « secrétées » ensemble. Alors l’archipel se développe et grandit.

C’est la nécessité de faire plus qu’une simple mise en réseau, de devoir et de vouloir s’organiser entre organisations de la SCT pour peser face à la crise politique, pas seulement en France, qui a déclenché l’intérêt de reprendre cette idée en tentant de la mieux construire, d’aller au delà de la métaphore.

C’est ainsi que, courant 2013, plusieurs organisations françaises se sont regroupées, avec un moment fondateur en octobre de la même année. Et depuis ce moment jusqu’à aujourd’hui, début 2017, elles ont fait vivre une forme organisationnelle originale, autour d’un « centre » représenté par un comité de « pilotage » qui a trouvé tant bien que mal son équilibre et son utilité. Les quelques limites rencontrées, une certaine sous-organisation en particulier, n’ont pas empêché une reconnaissance par l’extérieur de la pertinence de cette approche, dont on peut dégager, à partir de cette expérience, quelques principes.

L’énergie vient des îles elles-mêmes. Le niveau de l’archipel (le « centre ») n’est pas en surplomb. Il n’est pas fédérateur ; il est au service de la dynamique des îles.

Les îles, souvent, ont une connaissance limitée de l‘identité-racine de leurs voisines. Si la diversité des îles est vécue comme une force, il est nécessaire de se mettre en position de l’accueillir, de ne pas la considérer à priori comme « dispersive » , mais au contraire de construire les conditions pour qu’elle ne le soit pas. La reliance est donc primordiale ; elle demande des temps spéciaux, pour ne pas rester superficielle, et doit être conduite dans la durée. Elle passe beaucoup par les contacts directs, mais aussi des actions communes, qui renforcent les identités-relation.

En revanche, il est bon de demander à chaque personne qui investit du temps dans l’archipel de ne pas être le porte parole de sa seule individualité, mais d’être le messager, dans les deux sens, avec la ou les organisations dont elle se sent la plus proche Le « centre » de l’archipel doit être attentif à rester vide de « pouvoir de décision politique » ; ce dernier est issu des îles.
Cette alchimie particulière se construit au cours du temps, à travers échanges et actions communes. Sur une opération donnée, une île prend une position de « premier de cordée », les autres appuyant son action et mobilisant leurs propres membres. Mise

en situation de leadership pendant un temps, cette île met en visibilité son identité-racine et la mobilisation des autres la met en partage ; simultanément l’identité-relation est ainsi renforcée.

L’archipel fait vivre le principe de subsidiarité : les fonctions archipéliques sont celles que ne peuvent pas assumer seules chacune des îles.

S’il doit rester vide de pouvoir, le centre a un pouvoir « d’animation » de la diversité/cohérence entre les îles.

Pour cela, un petit groupe d’animation est nécessaire, assurant le lien entre les îles (dans les deux sens), impulsant et faisant vivre la démarche, avec l’appui et sous contrôle des îles.

Ce groupe est composé de représentants des îles et de quelques personnes compétentes, bénévoles et salariées, capables d’assurer les fonctions, outre du suivi quotidien, celles de construire une pensée et une communication collectives, des événements communs, de participer à une concertation avec d’autres archipels… Des moyens en temps humains et en ressources financières, même modestes, doivent être trouvés, de préférence auprès des îles. Le financement participatif, impossible naguère, est maintenant à portée de main. Les outils numériques collaboratifs sont mis le plus possible au service ces dynamiques

Les techniques d’animation sont aussi mises à profit: au cours du temps ont été pratiquées : les rendez-vous de la convivialité, les auditions partagées, la construction des désaccords, les mises en pratique de la qualité démocratique et du convivialisme…

Et aussi des techniques de développement personnel comme la révolution intérieure, en particulier la  non-violence. Nous nous sommes beaucoup nourris de la réflexion sur les interactions entre transformation personnelle et transformation sociale

Un rapport apaisé au savoir, à la connaissance, et aux pratiques collaboratives – en se méfiant de la prise de pouvoir individuel – est nécessaire, sachant que nous sommes issus d’une culture qui sous-valorise la coopération et la fraternité.

Privilégier ce qui nous rapproche par rapport à ce qui nous éloigne. L’expérience de la construction de désaccords nous a appris que la recherche du cœur d’un désaccord – qui peut subsister, bien entendu – met en lumière tous les points d’accord.

Résumons :

Un archipel fabrique un équilibre subtil entre le désir de chaque île de garder son histoire, ses références, son fonctionnement (son identité-racine) et l’autre désir de la même île de se lier avec d’autres pour faire plus que ce qu’elle fait seule (construire son identité-relation), il faut penser d’abord une posture, puis des outils adéquats .Quand un archipel démarre, surtout dans une certaine urgence, il faut juste travailler la reliance et produire le minimum de contenu; quand l’archipel se développe, très vite, les îles demandent que soit accessible le résultat du travail qu’elles accomplissent en appui les unes des autres (ou des espoirs qu’elles partagent !). Il suffit alors de développer les mêmes outils, sans que le groupe d’animation de l’archipel– souvent appelé copil – ne prenne le « pouvoir politique»- celui-ci continue à venir des îles -, mais bien le « pouvoir d’animation », avec la capacité de trouver les ressources humaines nécessaires, normalement avec l’aide des îles. L’archipel peut se développer en accueillant d’autres îles. En soignant toujours la qualité relationnelle et la fluidité des engagements. Le développement de liens avec d’autres archipels est le mode à privilégier, avant de franchir – éventuellement – le pas d’un archipel plus vaste. Qui est, préférentiellement, un archipel d’archipels, chacun de ces derniers gardant son identité-racine et développant son identité-relation. Un copil nouveau doit alors être formé.

Le modèle de l’archipel est un modèle fractal.

IV – En quoi les limites de cette expérience du Pouvoir Citoyen en marche, dans la conjoncture 2017 nous indique un chemin sur le plus long terme ?

IV – 1 Alors que se déroule la séquence électorale de 2017, avec les lourdes incertitudes que peut engendrer un milieu politique décrié et émietté, plusieurs projets de « grand rassemblement » des citoyens se font jour. Cette situation est vraiment une première. La portion de la société civile qui désire un changement significatif ne s’est jamais retrouvée dans une telle situation depuis la guerre, et elle doit inventer, dans une certaine urgence, les moyens de s’organiser pour rassembler ses convictions, se faire entendre à travers un milieu médiatique qui, sans l’ignorer, émiette les informations sur les initiatives qu’elle porte, tout occupé qu’il est à transmettre en continu les jeux de pouvoir entre écuries politiques, et les informations sur les désastres du monde…

 IV – 2 Il faut maintenant s’interroger, avant de conclure, sur les limites de l’archipel, tel que nous lui avons donné vie. Celui-ci est un outil de rassemblement, dans une situation hautement nouvelle, nous l’avons dit, produite par l’affaissement des partis politiques dans leur ambition à inventer le monde qui vient et à la cécité des forces économiques dominantes, en particulier financières.

Cet outil de pensée n’éclaire pas sur le fantastique travail institutionnel dont notre pays a besoin pour s’organiser autrement, bien qu’il permette d’en éclairer les principes. Il ne traite pas des nouveaux équilibres de droits et de pouvoirs dans une société nouvelle ; il est adéquat comme outil de résistance, de créativité citoyenne, d’exigence de régulations nouvelles, donc de nouveaux rapports de force. En revanche, ce n’est nullement un outil de régulations quelque peu pérennes, qu’elles soient nationales ou géo-politiques.

Nous voulons que le « milieu politique » évolue profondément, non pas le remplacer ; aider à le reconstruire par la présence et la poussée citoyenne. Nous avons œuvré pendant assez longtemps à la mise en visibilité de nos réussites pour vouloir bousculer ce milieu auto-reproduit, et la part des média qui l’accompagne en lui servant de chambre d’écho.

Nous sommes convaincus qu’une autre manière de faire de la politique est non seulement nécessaire, mais possible. Nous soutenons l’action de nombreux élus – pas de tous !

C’est dans cette phase très particulière que nous expérimentons l’utilité de l’essor de nouveaux archipels citoyens et de leur fonctionnement en archipel d’archipels. Ceci pourra être très utile dans le moyen terme qui suivra la séquence très particulière de l’élection présidentielle ; d’abord pour les autres séquences électorales, mais aussi bien au delà ; dans des conjonctures qu’il est bien impossible d’imaginer, vu l’importance de la première élection et de son poids -excessif – dans la vie de notre pays. Si nous réussissons ces séquences proches, en participant à écarter les projets les plus sombres, les archipels que nous aurons construits auront sans doute redonné à nombre de citoyens le goût de prendre plus de temps pour la vie collective car ils auront perçu qu’ils peuvent être entendus et que leur expérience peut servir.

Le développement de ce nouvel intérêt pour la chose publique permettra alors de nouvelles formes de pratiques politiques, dès lors qu’aura pu être écarté, espérons le, les oiseux de malheur qui se nourrissent de nos faiblesses collectives actuelles.

La « réappropriation citoyenne du politique » n’est pas la tâche d’une année ; c’est un processus long. Nous en sommes au début. Les mises en pratique du concept d’archipel nous a aidé à faire les premiers pas et à engager les suivants.  

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Glissant a développé un compagnonnage avec Gilles Deleuze et Félix Guattari autour de la déconstruction de l’imaginaire dominant et pour repenser, sur les ruines fumantes du marxisme et de la dictature du prolétariat, le cadre de pensée d’une alternative à l’échelle de la planète.

La poétique, n’est pas une philosophie, ni une politique portée par une idéologie, mais quelque chose qui a trait, à la fois, à la pensée, à l’utopie, au sensible et au vivant.
Dans son dialogue avec Edgard Morin, sur la question des systèmes ouverts ou fermé l’ennemi c’est le système de pensée qui s’énonce dans la pensée de système…
Il part du principe que les systèmes fermés sont soumis à la loi d’entropie, les énergies qui circulent à l’intérieur vont s’épuiser et le système va s’effondrer, s’il ne se ressource pas. La proposition d’Edgard Morin (à la suite des travaux de l’école de Palo Alto) est qu’il faut réussir à penser la notion de système, à priori fermée, avec la nécessité d’une ouverture, nous rendant possible non pas des mutations prévisibles, mais des métamorphoses imprévisibles… On peut penser à ce phénomène de la chrysalide et du vers qui se transforme en papillon.

Pour Glissant la réponse au système fermé c’est la poétique : une acceptation du tragique du monde… l’acceptation d’une part d’imprédictible, une part de sensible et de vivant au cœur de nos décisions… non pas un renoncement à la pensée mais la reconnaissance qu’aucune domination n’est durable et que nous créons dans un monde chaotique mais vivant.
Le chaos est une approche de la complexité sociale qui se mesure désormais à l’aide d’outils développés à partir de la physique quantique, d’une science et d’une pensée du chaos. Glissant entretient un dialogue passionné avec ces scientifiques qui travaillent sur la pensée du chaos.

Chaque fois qu’on va essayer d’uniformiser la pensée, on va aller vers cette tyrannie, la pensée unique, qui va produire la Tragédie (histoire d’une genèse mythique)… la Genèse, c’est un texte sacré qui va légitimer l’appropriation du sol par un groupe. A partir du moment où cette terre appartient prétendument à tel groupe de population ça va autoriser la pensée du territoire, qui va mener à une sacralité de la Loi et de la langue qui ont posé le texte de la Genèse : le type de raison qui, à son tour, produit la nation… C’est-à-dire une pensée du Même, une espèce de logique du mimétisme qui va nier la présence de l’autre, de l’altérité ; et donc la pensée de l’unité nationale ou raciale va toujours produire ce retour à une racine unique, à une homogénéisation du monde, à une suppression ou réduction de sa diversité, produisant peur et angoisse envers cette diversité pragmatique du monde…

L’image de l’archipel est essentielle contre la pensée unique. Dans la Caraïbe, il y a une unité de populations malgré les morcellements géographiques, institutionnels et coloniaux, ce sont les mêmes populations, sur des îles distantes de 20 à 30 km, qui se voient les unes les autres. Pourtant, sur une île ça donne le reggae, sur une autre la salsa, là le soca et là le zouk… Avec les mêmes matériaux, les mêmes populations, le même fond, on a une diversité de formes, qui relève d’une unité culturelle et d’une diversité dans l’unité. Ce jeu aléatoire des mêmes éléments constitutifs donne des choses imprévisibles, des chatoiements et des ramifications interminables. C’est ce processus là qu’Edouard Glissant appelle créolisation. C’est-à-dire, s’ouvrir aux logiques infinies du chaos. L’identité rhizome

Glissant, Deleuze et Guattari s’enrichissent mutuellement et notamment autour d’une pensée de l’identité et de cette pensée du rhizome. En quelques mots, la pensée du rhizome découle d’une critique de la pensée unique. L’identité ayant été pensée comme une chose uniforme posée à partir de l’expérience occidentale du monde. Donc ils vont se mettre à réfléchir à la question du dépassement de cette pensée.
Ils vont poser le postulat suivant : il n’y a pas qu’une forme d’identité. Ils distinguent deux formes d’identités :

  • Les civilisations fortes, qui ont une longue durée, et qui ont pu poser une genèse et un texte sacré, qui s’approprient le sol en termes de territoire et qui vont sacraliser une langue. On peut penser à toutes ces civilisations fortes, aussi bien européennes que les anciennes civilisations africaines, ou asiatiques. Très souvent elles vont avoir pour symbole un grand arbre majestueux, qui s’enracine très profondément dans la verticalité. A ce propos, il y a un proverbe en Afrique, qui dit que rien ne pousse à l’ombre du baobab… Le grand arbre est majestueux, certes, mais il tue son environnement, il est seul. Il règne seul sur son écosystème, de manière totalitaire.
  • A côté de ce type d’identité, qu’ils appellent identité atavique, qui est l’identité des peuples majestueux forts, Glissant, Deleuze et Guattari proposent l’identité rhizome.
    L’identité rhizome serait une identité qui ne s’approfondit pas en verticalité, qui s’étend en horizontalité, qui s’adapte aux accidents du sol et qui concilie les différentes espèces. Ce n’est ni exclusif, ni invasif. Le rhizome est apaisé avec son environnement et il ressurgit de manière imprédictible. Il fait des troncs et des noeuds -on ne peut pas prévoir où, ça va ressortir de manière inopinée. C’est la confrontation de ces deux types d’identité qui va leur permettre d’essayer d’imaginer une autre forme d’être au monde. Et notamment, ces auteurs résonnent beaucoup pour ces populations, qu’Hannah Arendt appelait les « sans Etat », ces gens poussés pour multiples raisons sur les chemins du monde, ces exilés ou ces migrants, ces gens qui portent leur patrie en eux, qui n’ont plus d’Etat pour les défendre, qui ont été rejetés par ces Etats, qui se retrouvent dans des situations non définies, indéfinissables.

Créolisation

On va retrouver cette idée du rhizome au niveau de l’opposition entre mondialisation et mondialité. Mais d’abord, la créolisation : nous l’avons vu, la créolisation c’est ce processus où, contrairement au métissage, qui produit un résultat prévisible, les individus, les cultures vont se rencontrer et produire des choses de manière imprédictible. Des retombées dont, à l’avance, on ne peut pas prévoir les résultats. C’est ce qui spécifie la forme de la créolisation par rapport au métissage. La créolisation est un processus et non pas une essence. Glissant dit donc que la créolité antillaise et la plantation antillaise sont une forme de créolisation qui n’a aucune légitimité spécifique à s’imposer aux autres types de créolisation. Toute forme de créolisation a son contenu et ses logiques propres. Notamment celles qui s’accélèrent actuellement du fait de la mondialisation…

La Relation

Le concept de Relation est la considération que notre identité n’est pas définie en soi mais définie par opposition, relativement, en système et en dialogue. Je dirais, définie en ramification infinie, jamais fermé en soi, toujours avec justement l’irruption de cette mise en réseau du monde. Ce dernier fait que des choses incroyables, des gens improbables, des peuples et des langues qu’on avait même plus pensés, qu’on avait oublié ou qui nous sont inconnus, arrivent à nous et nous touchent nous contactent et nous contaminent… Donc, aujourd’hui, on ne peut plus raisonner, on ne peut même plus écrire dans une tour d’ivoire.

Mondialisation vs mondialité

Glissant dit : « j’écris en présence de toutes les langues du monde ». C’est-à-dire que la condition humaine aujourd’hui nous est donnée à travers cette mise en relation du monde. On en parle à travers la catégorie de la mondialisation. Pour lui, la mondialisation est le négatif infernal d’une réalité dont l’endroit positif serait -ce qu’il appelle- la mondialité. La mondialité c’est ce qui se passe lorsqu’on met frénétiquement en contact différentes parties du monde et de manière accidentelle, imprévisible et incalculable. Des gens se rencontrent, des histoires se nouent, des langues se créent, des imaginaires se métissent, des choses se passent… On en vient de toute part du monde à une intuition, l’intuition qu’on pourrait mettre nos utopies en relation…

La volonté de l’utopie est forte chez lui, parce qu’il se rend bien compte que pendant longtemps on s’est déterminé en fonction du passé, c‘est toujours notre passé – notre passé esclavagiste, de dominé – qui nous détermine dans notre action d’aujourd’hui ; or le basculement sur l’utopie nous projette dans le futur. Par contre, au sujet de l’utopie il est vraiment très prudent. Ce n’est pas une utopie à réaliser qui se réalisera. C’est une utopie qui avancera devant nous, sans cesse, parce qu’elle aura toujours à intégrer les utopies des autres. Ce ne sera jamais une utopie d’une partie du monde, ni d’un moi, d’un Je. Ce serait toujours une utopie vouée à rencontrer d’autres utopies et cherchant comment on peut produire quelque chose qui soit un universel pour tous, sans exclusive.

Le tout-monde / le chaos-monde

On revient à ce constat du début. On est parti de l’universel des Lumières qui était un universel pour le club blanc et qui n’a pas fonctionné pour les peuples colonisés, pour les peuples que l’universel, précisément, excluait comme acteurs libres… Comment, aujourd’hui, peut-on essayer de concevoir une forme d’approche de la relation de Tous sur la terre ? Ce qui est marrant avec lui – c’est peut-être la première question que je lui ai posée – « Pourquoi vous ne dîtes jamais l’humanité ? Vous dites les humanités ? Est-ce parce que l’humanité est encore en projet ? ». Il dit qu’il faut que les humanités se veuillent, se désirent, pour se rencontrer et que, de cette rencontre, naisse l’imaginaire partagé de ces humanités reliées. Il n’y a pas de vision qu’on ait déjà atteint l’humanité… Non, il y a encore des mondes sur cette Terre, on n’est pas encore dans un moment où on pourrait dire LE monde.

Il n’envisage pas une uniformité, une continuité physique qui rétrécirait le monde… Mais plutôt la posture qui postule une relativité de chacun, un interdit de se sentir supérieur ou plus indispensable… Personne ne peut ne pas anticiper l’Autre…

La mondialité c’est un chaos monde parce qu’à travers les mailles du Système, elle est faite de rencontres éparses improbables, incroyables, de réseaux discontinus, de gens venus de parties du monde qui ne se connaissaient même pas et vont fonder ensemble des actions. C’est un chaos-monde parce que les grandes structures qui maintiennent l’apparence d’une continuité stable, sont impuissantes à contrôler la masse des flux et les niveaux infra de la société. Le chaos tient

à la taille des failles, des angles morts internes au Système. Dans les zones d’ombre qui entoure la ville-lumière, il y a d’infinies possibilités alternatives. Il n’y a pas une pensée unifiée, linéaire, organisée. Il y a des discontinuités, il y a des réseaux, des passerelles, des archipels. La proposition du Tout-Monde me semble combler le vide laissé par la récusation de l’Universalisme des Lumières (la pensée eurocentrée de l’Un rationnel). Le statut épistémologique du Tout-Monde mêle les approches économiques et socio-anthropologiques d’une dimension matérielle à des modes de connaissance, de praxis ou de ressenti de la réalité de l’ordre du sensible (la poésie, le tragique, le symbolisme, l’ésotérique, le vitalisme etc…) En fait il s’agit de penser la manière nouvelle dont coexistent, désormais, les imaginaires, les cultures et les individus sur la planète Terre, réorganisée par la mondialisation, et sous les tremblements infinis de la mondialité…

Le Tout-Monde que Glissant formalise mêle à la fois la réalité des rapports sociaux, des échanges culturels, et les représentations (utopies) que nous nous en faisons. Ce nouvel universalisme ne se ferme sur aucune pensée de système mais insiste sur le fait que nulle entité vivante –connue ou inconnue – ne pourra, par principe, en être exclue. Le Tout-Monde introduit à la pensée d’une totalité « innumérable » [réalité finie mais qu’on ne peut concrètement déconstruire ou énumérer, comme un banc de poisson] qui englobe l’humanité en toutes ses parts réelles et rêvées…

Claude Alphandéry, né le 27 novembre 1922 à Paris, est un résistant, banquier et économiste français.

Il est fondateur et président d’honneur du Labo de l’ESS, think tank français travaillant sur l’économie sociale et solidaire, et président honoraire du Conseil national de l’insertion par l’activité économique.

Il s’engage dans des actions de résistance alors qu’il étudie au lycée du Parc à Lyon en automne 1941. Il assure notamment le transport de documents et la distribution de tracts.

Après dénonciation de ses relations avec une réfugiée juive allemande, il entre dans la clandestinité pendant l’hiver 1942-1943. Il devient lieutenant-colonel dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI), chef des Mouvements unis de la Résistance DrômeArdèche (MUR) puis président du comité départemental de Libération de la Drôme.

Avant tout, « société civile » est une expression juridique désignant en droit français une forme de société ou d’organisation dont l’objet, strictement civil, relève du droit civil et des juridictions civiles,
contrairement aux sociétés commerciales et aux établissements publics et administratif.
Mais, comme beaucoup de mots du vocabulaire politique, elle peut à la fois avoir un sens rigoureux ou recouvrir des connotations très diverses et vagues.

Puis elle prendra le sens d’une instance politique générale, avant de se retourver différenciée de ou opposée à la société politique. Mais son usage très large nous perd souvent :

 » Riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon« .
Emile ou De l’éducation (1762) Jean Jacques Rousseau,
  • Chez Rousseau « société civile » désigne la communauté politique, essentiellement par opposition à « l’état de nature ».
  • Sous l’influence des libéraux anglais, on tend à y voir un ordre juridique informel garant des droits individuels et de la propriété privée, par opposition à l’État considéré comme oppresseur.
    « un ensemble complexe et dynamique d’institutions non gouvernementales, protégées par la loi qui tendent à être non-violentes, auto-organisées, auto-contrôlées et qui sont en tension permanente chacune
    avec les autres et avec les institutions gouvernementales qui encadrent, restreignent et rendent capables leurs activités » (John Keane).
    Une pétition, une grève, une manifestation peuvent être présentées comme des signes de l’existence de la société civile.
    Aussi l’on peut estimer que le « totalitarisme » en supprimant les libertés fondamentales est une forme d’écrasement de la « société civile » par le pouvoir politique.

Mise en avant par les grandes organisations internationales, comme l’ONU, la « société civile » désigne l’ensemble des associations à caractère non gouvernemental et à but non lucratif qui agissent comme groupes
de pression pour influencer les politiques gouvernementales dans un sens favorables aux intérêts de ceux qu’elles représentent.
Il s’agit donc de l’auto-organisation de la société, en dehors du ou parallèlement au cadre institutionnel politique, administratif ou commercial.
La société civile sous cet angle est moins une donnée qu’un domaine de la société à renforcer ou à construire.

Dès le début des années 1990, le politiste Dominique Colas assimilait l’expression « société civile » à « l’étiquette de toutes sortes de marchandises » qui « forme un lieu commun où les commodités
d’un mot de passe permettent de se parler sans savoir ce que l’on dit, ce qui évite de trop se disputer. »
Un « mot-valise », quoi…

Les représentants de chaque “île” se réunissent périodiquement dans une ’Assemblée du Lagon”.

Ainsi, métaphoriquement, cette assemblée ne se réunit pas dans les hauteurs, ni ne surplombe les îles. Les représentant se retrouvent autour du lagon situé au niveau de l’océan, exprimant ainsi ainsi la volonté d’horizontalité dans la prise de décision, chaque représentant des îles étant au même niveau, celui de l’océan, donc le niveau le plus bas de toutes les îles de l’archipel.
Cette assemblée n’a pas besoin de se réunir dans un siège prestigieux ou une construction affirmant son pouvoir : le sable lui suffit.

Le lagon n’est pas la propriété de l’une ou l’autre des îles, ce qui présenterait le risque – même inconscient – d’affirmer la domination de cette île sur les autres.
Par ailleurs lagon n’est pas un lac coupé de l’océan : il communique avec lui par un chenal ou une passe. Les décisions prises ne doivent pas ignorer l’océan, c’est-à-dire le monde au-delà de l’archipel : l’eau de l’océan est aussi celle du lagon.

Enfin, le lagon n’est pas situé sur une île, qui serait dès lors tentée par se l’approprier, quelquefois même sans intention préconçue : il est l’un des éléments du Commun co-construit par l’archipel.

Les rivages, donc les frontières naturelles des îles d’un archipel, sont toutes baignées par une mer (les Cyclades en Mer Egée, les 180 000 îles de l’archipel finnois Saaristomeri en mer Baltique…) ou, si celle-ci est très vaste, par un océan (les Açores, les Galapagos …).

Mer ou océan “relient” donc les îles d’un Archipel, en sont un élément commun, puissant facteur de reliance et d’identité culturelles et économiques entre les îles.
Le mot “archipel” vient par ailleurs de l’italien arcipelago, issu du grec ancien Aigaíôn pélagos, c’est-à-dire “la mer Égée”, mer qui composait le monde des grecs anciens.
Ayant la caractéristique d’être parsemée d’îles, le nom propre est devenu nom commun. Pelagos représente donc l’Océan et l’Archipel peut être vu comme une grande étendue de mer, le même océan dans lequel baignent toutes ses îles.

Dans la symbolique métaphorique d’une organisation en Archipel, l’Océan représentera donc ce qui unit les îles, mais aussi ce qui les relie malgré leur absence de frontière terrestre.

Il y a aussi de la vie et du mouvement, une histoire dans l’Océan, dont l’oubli dans nos cartographies mêmes est assez révélatrice de l’anthropocentrisme de nos sociétés. 
Pourtant les photos prises de l’espace nous montrent une immensité de mers et de terres sur notre planète sont elles-même un archipel-monde baignées en réalité par un seul océan comme le montre avec évidence la représentation de la Terre selon une projection de Fuller :

Une autre projection, dite de Spilhaus, nous montre une cartographie du Monde orientée Océan.

Les régions marines y sont représentées au centre du monde. Une immense mer intérieure (un peu plus de 70% de la surface de la Terre) apparaît sous nos yeux. Rappelons tout de même que l’Océan mondial génère plus de 60% des services écosystémiques qui nous permettent de vivre, à commencer par la production de la majeure partie de l’oxygène que nous respirons. Cette carte est ainsi toute symbolique de l’importance des mers.

A noter que le drapeau des Nations-Unies représente lui aussi une sorte d’archipel planétaire … mais l’inverse d’une projection de Spilhaus où l’Antarctique est au centre, la version onusienne oublie étonnamment ce sixième continent une fois et demi grand comme l’Europe, et pièce maîtresse du climat mondial !

Dans une pirogue n’embarquent non une ou deux personnes (ce n’est ni un canoë, un kayak ou un pédalo !), mais un groupe restreint (par exemple de 5 à 15 équipiers) réunis pour un objectif commun.

L’équipage détermine le trajet qui sera suivi par la pirogue, les modalités de son organisation, la répartition des postes ainsi que les moyens et les vivres nécessaires à la mission.
Une pirogue n’est ni conçue ni construite pour un voyage au long cours mais pour une navigation de courte durée, ayant un objectif précis. Une fois la pirogue revenue à terre, l’équipage constitué pour sa mission n’a pas vocation à perdurer.

Enfin les équipiers doivent absolument s’entendre entre-eux pour avancer avec efficacité. Et s’ils viennent d’îles différentes, ils auront au terme de la navigation appris à travailler ensemble, de façon harmonieuse et efficace.

L’analogie avec un groupe-projet est éclairante !

Le voilier-atelier est une instance opérationnelle et au service de la communauté dont les missions sont fixées par l’assemblée du Lagon.

Ce n’est pas une île, ni une entité créée par une île ou un groupe d’îles : il est une création collective de l’Archipel.
Il se comporte donc comme un voilier qui naviguerait au sein de l’Archipel, sans port ni île d’attache, mais au service de l’Archipel. Un voilier dont les caps et les missions seraient fixées de façon collective par l’assemblée du Lagon (qui en donc en quelque sorte son “armateur”) mais pas par l’équipage (les “timoniers”), chargés du bon déroulement de ses missions.

Mais ce voilier est aussi un atelier car il peut disposer de moyens, d’un “outillage” commun au service de toutes les îles.

Celles-ci, au sein d’un même archipel, peuvent être dissemblables mais chacune à ses spécificités, son histoire, ses coutumes et ses dialectes : c’est leur identité-racine. Et toutes développent aussi de multiples échanges (familiaux, commerciaux, politiques) avec les autres îles : c’est leur identité-relation.

De même dans un collectif d’organisation, chaque entité qui le compose à une histoire, des particularités qui fondent son identité-racine. Et chacun établit des relations, plus ou moins étroites et denses avec les autres. 

Une organisation en Archipel, tout en respectant les identités-racines de chacune des entités (= îles) qui le compose, va constituer un environnement favorable aux développement des relations non seulement des îles de l’Archipel entre elles mais aussi des îles vers d’autres entités extérieures à l’Archipel.

version 1.3 du 21 octobre 2020

Durant quatre années, entre 2017 et 2020, plusieurs structures de la société civile,
appartenant alors pour certaines à « Pouvoir citoyen » ont expérimenté, en particulier lors de deux fortes rencontres en 2018, un fonctionnement relationnel nouveau. En est issu
l ‘Archipel citoyen « Osons les jours heureux ».
A partir de cette expérimentation, nous avons souhaité partager ce qui nous semble
caractériser les fondamentaux d’une pratique d’action et de gouvernance « en Archipel » car
« Le monde d’après » ne se construira pas sans une profonde remise en cause de nos
pratiques de fonctionnement collectif et de gouvernance.
Cette réflexion est une contribution dans l’esprit du logiciel libre, dynamique et évolutive.
Prenez, servez-vous … et métabolisez !

Préambule aux fondamentaux

Pendant cette période, nous avons fait plus qu’expérimenter la forme d’organisation nouvelle que nous avons appelée “archipel”, détaillée plus bas. Nous en avons ressenti les conditions de pertinence et de continuité. Et nous avons travaillé et testé ces dernières.

En effet, derrière cet « outil pour l’action en commun » au bel imaginaire ultra-marin, sont trois conditions de possibilité sous-jacentes mais essentielles :

  • L’attention au monde à inventer et le souhait de transformation sociale, si présents dans notre expérience, exigent de faire évoluer les modes actuels de fonctionnement des collectifs comme des individus qui les constituent. Pour cela, il est nécessaire de s’interroger à intervalle régulier sur les relations de pouvoir à l’intérieur de nos collectifs, leur degré d’ouverture, leur manière de gérer les conflits internes. Pour chacun des membres d’un collectif, il s’agit de prendre la mesure de son fonctionnement intime, de sa capacité d’écoute et d’attention à la différence. Ces questions, souvent mises de côté sous l’accusation assez stupide de “bisounours” adressée à celles et ceux qui les travaillent, sont déterminantes pour affronter le chemin vers une société respirable, dans tous les sens du terme. Elles ont coloré fortement l’esprit de notre démarche. Afin d’en prendre un soin tout particulier, notre archipel lui a dédié un groupe-projet, une « pirogue » spécialement orientée sur leurs renforcements.

  • Ensuite, nous avons aussi été très attentifs à prendre du temps pour que les membres de l’Archipel, ses îles, se rencontrent. Pour qu’elles écoutent les histoires et les raisons d’être les unes des autres, toutes respectables, et précieuses dès lors qu’on s’est reconnus capables de certains accomplissements en commun. Ce temps permet de se nourrir de nos différences, tout autant que de nos volontés d’agir ensemble, car l’archipel est, non seulement la mise en pratique d’un modèle d’organisation, mais aussi une construction vivante, un « bien-vivre en acte »..

  • Enfin, il nous faut regarder « les yeux dans les yeux » la question du pouvoir.
    Se rappeler sans cesse la nécessité de passer du “pouvoir sur” au “pouvoir de”, et goûter la puissance commune que nous donne la coopération, pratiquée avec les attitudes rappelées précédemment.


Pour reprendre une formule couramment entendue, nous nous sommes engagés dans le « monde d’après » sans attendre que « le monde d’avant » ait bougé, mais en pratiquant avec constance ces trois éléments déterminants du passage d’un monde à l’autre . 


L’Archipel est un partie de l’Océan.
Les îles qui composent se retrouvent au bord du Lagon, bien commun de toutes.
L’assemblée du Lagon impulse et valide la création de pirogues pour les projets, d’un voilier-atelier pour l’animation et la coordination, d’une entité-support pour les moyens.

Peu à peu, se construit un Commun partagé …




*représentation en cercles concentriques comme les “doughnut economics” développés par l’économiste d’Oxford Kate Raworth.

La montée des sentiments d’angoisse et d’impuissance, le spectacle souvent navrant donné par la gestion politique des défis colossaux qui sont devant nous a pour effet d’absolutiser les croyances et, comme le dit Cynthia Fleury, les ressentiments.
Dès lors, l’ensemble social et culturel que l’on a appelé  » les créatifs culturels » dans les années 2000, qui ne se reconnait plus dans la société productiviste et cherche à vivre dès maintenant cette rupture, est lui-même profondément fracturé. Or c’est cet ensemble qui permettait jusqu’à présent d’éviter un choc de plus en plus brutal entre « modernistes » et « traditionalistes », les premiers étant tentés par le transhumanisme comme perspective ultime de la fascination technologique et les seconds par une sacralisation de la Terre et du Vivant souvent accompagnés d’une posture quasi misanthropique
( cf. le titre célèbre : l’humanité va disparaître, Bon débarras!).
Dans une telle confrontation le Convivialisme et le Bien Vivre, comme Visions, l’approche archipélique au sens de Glissant comme modalité d’organisation et de coopération ont eu le mérite de donner aux « créatifs culturels » un socle qui leur a permis de commencer à transformer un ensemble sociologique flou en un acteur civique planétaire et capable de rayonner en dépassant les contradictions que nous avons vues dans les forums sociaux mondiaux entre espace et mouvement, entre horizontalité et verticalité.

L’Archipel citoyen Osons les Jours Heureux contribue à ce projet. C’est, en France, un groupe de personnes engagées de la société civique, qui veulent favoriser ce nouveau type de coopération entre organisations, respectueuse de l’histoire et de la culture de chacune pour leur permettre d’agir au long cours afin de construire une société plus écologique, plus démocratique et plus solidaire.
Conscientes que leur diversité est une richesse mais aussi une faiblesse, des associations ont ainsi décidé de se réunir pour concevoir et expérimenter un nouveau modèle de gouvernance avec comme objectif, non pas de construire ni d’imposer une méta structure de plus, mais de soutenir les actions portées par ses membres, et de créer des synergies autour de projets communs pour pallier à la dispersion des moyens et à l’éparpillement des ressources.
Chaque membre est une île de l’archipel, avec ses caractéristiques propres, son identité racine. Elle est en relation avec le monde qui l’entoure (le Tout-Monde écrit Glissant) et en premier lieu les îles proches, ou celles qu’elle a choisies.
L’archipel a donc des objectifs politiques, mais n’entre pas dans l’action politique au sens partidaire ni électoral du terme. L’analyse des crises actuelles qui y est partagée, met l’accent sur le lien très fort entre Transformation personnelle, Transformation collective et Transformation Sociale (TP/TC/TS), concrétisant un changement du rapport au pouvoir.
Ce sont les îles (les membre de l’archipel) qui agissent et, en cultivant les liens qui constituent leur identité-relation. Celles-ci vont sans doute être amenées à réexaminer de temps à autre leur identité-racine et, éventuellement, à la faire évoluer.
L’application de l’intelligence collective pour un « Bien vivre en actes » est l’objectif concret de larchipel.
Osons les jours heureux s’est inspiré de la pensée du poète, écrivain et homme politique martiniquais Edouard Glissant qui a développé la métaphore de l’archipel.


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