Préambule

Pendant cette période, nous avons fait plus qu’expérimenter la forme d’organisation nouvelle que nous avons appelée “archipel”, détaillée plus bas. Nous en avons ressenti les conditions de pertinence et de continuité. Et nous avons travaillé et testé ces dernières.

En effet, derrière cet « outil pour l’action en commun » au bel imaginaire ultra-marin, des conditions de possibilité sous-jacentes et essentielles sont présentes, principalement trois.

  • L’attention au monde à inventer et le souhait de transformation sociale, si présents dans notre expérience, exigent de faire évoluer les modes de fonctionnement présents, tant des collectifs que des individus qui les constituent. Pour cela, il est nécessaire de s’interroger à intervalle régulier sur les relations de pouvoir à l’intérieur de nos collectifs, leur degré d’ouverture, leur manière de gérer les conflits internes. Pour chacun des membres d’un collectif, il s’agit de prendre la mesure de son fonctionnement intime, de sa capacité d’écoute et d’attention à la différence. En travaillant ces questions, souvent mises de côté sous l’accusation imbécile de “bisounours” adressée à celles et ceux qui les travaillent, nous expérimentons qu’elles sont déterminantes pour affronter le chemin vers une société respirable, à tous les sens du terme. Elles ont coloré fortement l’esprit de notre démarche. Notre archipel en a pris un soin tout particulier par un groupe-projet, une « pirogue » spécialement orientée sur leurs renforcements.


  • Ensuite, nous avons aussi été très attentifs à prendre du temps pour que les îles se rencontrent et écoutent les histoires et les raisons d’être les unes des autres, toutes respectables, et précieuses dès lors qu’on s’est reconnu capables de certains accomplissements en commun. Ce temps permet de se nourrir de nos différences, tout autant que de nos volontés d’agir ensemble, car l’archipel est, non seulement la mise en pratique d’un modèle d’organisation, mais aussi une construction vivante, un « bien-vivre en acte »..


  • Enfin, il nous faut regarder « les yeux dans les yeux » la question du pouvoir. Se rappeler sans cesse la nécessité de passer du “pouvoir sur” au “pouvoir de”, et goûter la puissance commune que nous donne la coopération, pratiquée avec les attitudes rappelées précédemment.

Mais il reste évident que la tentation de voir
Pour prendre une formule couramment entendue depuis plusieurs mois, nous nous sommes engagés dans le « monde d’après » sans attendre que « le monde d’avant » ait bougé, mais en pratiquant très sérieusement les trois éléments déterminants du passage de l’un à l’autre indiqués ci-dessus. 

 

Tribune commune OLJH

Quel rôle peut prendre, face à la montée des sentiments d’angoisse et d’impuissance, au spectacle souvent navrant donné par la gestion politique des défis colossaux qui sont devant nous des structures du mode « archipélique », les visions convivialistes et le ‘Bien Vivre en Actes »?

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